Sticky Postingscomment utiliser ce blog ?Ce blog raconte tous les événements que j'ai vécus, où le vin est concerné. C'est un carnet que je tiens depuis décembre 2000. en tête de ce blog, le château d'Yquem, où j'ai bu certaines des bouteilles les plus émouvantes de ma vie
On peut accéder à ce blog en cherchant sur un mot (restaurant, vin, année, un plat) ou en suivant le calendrier où les titres de chaque sujet sont indiqués. Pensez bien à cliquer sur l'année avant de faire "go", si vous cherchez un sujet par la date. Ce blog n'est pas un guide au sens classique. C'est plus le roman d'aventures d'un passionné de vins anciens et de gastronomie. Attention : pour avoir le programme complet de tous les dîners proposés, cliquez sur catégorie "futurs dîners" Les futurs dîners sont placés à des dates anciennes, car je ne souhaite pas les voir apparaître en première page. Il faut que la priorité reste aux récits. C'est grâce à la catégorie "futurs dîners" que vous y accéderez. La date des dîners est clairement indiquée. Une rubrique en cours de constitution est la galerie de photos, où des bouteilles de vin sont présentées par année. Si vous voulez flâner ou rêver, cliquez sur la catégorie "galerie de photos". comment me joindre ?mail (to use it, type it as suggested in this formula) : francois dot audouze at wine-dinners dot com ![]() La France a le symbole du soldat inconnu. Dans mon arc de triomphe personnel, ce vin inconnu de 1923 figure parmi les dix plus belles bouteilles de ma vie. Il n'est pas prévu - pour l'instant - de dialogue directement sur le blog, car je ne pourrais pas le gérer. Mais on peut m'adresser des questions, des commentaires, des suggestions par mail en se servant du formulaire dont le lien se trouve en haut de page. Pour les dîners, voir "futurs dîners", pour l'académie, voir "académie des vins anciens" dans les catégories, puis me consulter. Saturday, January 3. 2009photos
Je viens de rattraper beaucoup de retard de photos sur le blog. N'hésitez pas à revenir aux pages antérieures, car des photos ont été ajoutées. Thursday, January 1. 2009Voeux
Vœux Le blog n’est pas ouvert à la discussion, car je n’aurais jamais le temps de répondre aux commentaires qui seraient faits. Mais on peut me contacter en utilisant « contacter François Audouze » en haut de la page à droite. Malgré cette absence de dialogue, je voudrais remercier tous ceux qui lisent ce blog, et leur souhaiter une bonne et heureuse année. Beaucoup de bonheur et de bons vins. Wednesday, December 31. 2008L'histoire d'un Sigalas-Rabaud 1896 - réveillon 2008/2009
Je croyais apporter dans le sud pour le réveillon un Chateau Guiraud 1904. Indications données par la bouteille A gauche, on peut imaginer : "grand vin de Sauternes" et à droite le G de Grand En bas, on lit "Premier". Je n'arrive pas à lire le nom de la maison de négoce qui a embouteillé ce vin. On lit Bordeaux en dessous, et on imagine un "G" au début et deux "L". Toute information m'intéresserait. Et voilà que le Guiraud 1904 devient Sigalas Rabaud avec une certitude absolue, car le bouchon d'origine est particulièrement lisible La vivacité du vin nous a comblés de joie. Mais cette histoire étonnante a une suite. Voici le message que j'ai reçu : "Bonjour, Quel bonheur de voir qu'un Sigalas Rabaud de 112 ans peut encore contenter une femme et quelques dégustateurs. Je vous envie beaucoup d'avoir bu du 1896. Je suis l'une des filles de l'un des propriétaires et je m'occupe de la propriété depuis peu. Je me plais à imaginer qu'on dégustera en 2120 un 2008 fait par mes soins avec autant de plaisir. Merci pour cette belle histoire" Cela me rappelle la visite que j'avais faite au Chateau d'Yquem en 2000, un jour de vendange, où j'avais bu Yquem 1900. J'avais dit aux vendangeuses : imaginez que peut-être en 2100 quelqu'un boira le vin fait des grappes que vous cueillez ! La confrontation à l'histoire, comme nous avec cette bouteille de 112 ans, est toujours fascinante. réveillon dans le sud
Nous partons dans le sud pour les fêtes de fin d’année. Les mets et les vins sont dans les soutes à bagages. Nous serons quatre pour le réveillon de la Saint Sylvestre, avec un couple d’amis qui vivent à l’année dans la belle région d’Hyères, amateurs de vins peu familiers des vins anciens. Lorsque j’ouvre les bouteilles, je constate les niveaux assez exceptionnels. La Mouline Guigal 1984 a moins de trois millimètres entre le liquide et le bouchon, et lorsque le bouchon s’extirpe, la dépression formée par l’expansion rapide de l’air crée un geyser de liquide. Le Vega Sicilia Unico 1960 a un niveau de près d’un centimètre à l’intérieur du goulot. Même le sauternes plus que centenaire a un niveau presque au goulot. Ces trois niveaux sont étonnants et montrent que la possibilité de niveaux inattendus existe. Je fais cette remarque pour les amateurs de vins anciens qui sont, comme moi, dubitatifs quand un niveau paraît trop beau pour être vrai. Lorsque j’ai prélevé dans ma cave la bouteille de sauternes au sein du lot important que j’ai acheté récemment d’une cave murée où figuraient des Lafite 1900 et des Ausone 1900, j’ai lu la petite étiquette manuscrite scotchée par les vendeurs : « Château Guiraud 1904 d’après livre de cave », suivie d’un numéro. L’étiquette d’origine est totalement illisible et la capsule qui devait être dorée est recouverte d’une couche de poussière grise. Je devine une armoirie et des lettres que l’on pourrait lire si l’on grattait doucement le haut de la capsule, mais je pense que le bouchon m’en dira plus. Le bouchon d’origine de cette bouteille soufflée permet de lire très distinctement qu’il s’agit de Château Sigalas-Rabaud 1896. Nous boirons donc un vin plus vieux de huit ans que ce que j’envisageais. Les odeurs des vins sont parfaites. Je les laisse s’épanouir. Nous écoutons les vœux du Président de la République où j’ai cherché sans le trouver un style nouveau, et nos amis arrivent. Le Champagne Substance de Jacques Selosse a été dégorgé en mars 2008. Il serait normalement préférable d’attendre un peu plus de temps après le dégorgement, mais ce champagne se révèle au sommet de son art. Le mot qui me vient pour le caractériser serait : « champagne de personnalité ». Car tout en lui interpelle. Il est puissant, vineux, d’une complexité rare et d’une force impérieuse. C’est un vin d’une technique parfaite, traité par un perfectionniste. Mon épouse a eu l’idée de trois amuse-bouche qui s’accordent divinement pour mettre en valeur le champagne à la longueur infinie : cake figues et parmesan, palets au parmesan, et gougères. On se repaît des saveurs généreuses de ce champagne hors du commun. Nous passons à table et sur un très original pot-au-feu au foie gras de canard, je sers un Corton-Charlemagne Bonneau du Martray 1989. Ce vin est extraordinaire. Je retrouve la précision qui m’avait enthousiasmé lors du dîner de vignerons avec le 1986 bu en magnum. Ce 1989 me semble meilleur que le 1990 bu à Noël. Ce vin au nez de miel, à la minéralité réelle se caractérise par une immense fraîcheur. Sa longueur est extrême et sa complexité n’a d’égale que sa générosité. C’est surtout sur la sauce délicate, sorte de bouillon, que le vin chante de sa plus belle voix. Le cuissot de chevreuil à l’émulsion de févettes est copieux, la chair est tendre. Le vin servi en premier est la Côte Rôtie La Mouline Guigal 1984. Mes amis sentent que le vin montre son âge mais ils l’apprécient beaucoup. Généreux et précis comme les Mouline, il est un peu plus calme que certaines années. Le vin servi quelques minutes après, pour accompagner aussi le cuissot est Vega Sicilia Unico 1960. Sa puissance est dévastatrice. Il semble à peine cuit, sur des notes de pruneaux, mais son final tonitruant est fait de framboises et de cassis, les fruits roses et noirs s’entremêlant dans une étreinte ininterrompue. Et paradoxalement, c’est le vin espagnol qui est le meilleur faire-valoir de la Mouline. Quand on a bu le 1960, on trouve dans le 1984 une grâce, une émotion romantique, une délicatesse qui signent un très grand vin. Et ces deux vins très dissemblables se boivent sans se neutraliser. Comme nous avons le temps, même si les douze coups approchent, nous disséquons les raisons des plaisirs de ces deux vins. C’est pour moi le final extrêmement fruité du Vega qui retient mon attention, et la délicatesse raffinée de la Mouline. Les deux vins se complètent bien. Nous comparons deux camemberts que nous mangeons avec les deux rouges, sans que cela n’apparaisse inadéquat. La Tarte Tatin délicieuse une fois de plus accompagne le Château Sigalas-Rabaud 1896. Pour mes amis, c’est un saut dans l’inconnu, et nous cherchons dans nos histoires familiales aussi bien que dans la marche du monde à quoi s’accroche cette année 1896. C’est en 1896 que furent organisés les premiers jeux olympiques et que Becquerel découvrit la radioactivité naturelle. Le vin commence par avoir 112 ans dans nos palais, puis, quelques embrassades plus tard, il en a 113. Son nez est discret et délicat. Le vin a digéré son sucre. Il est assez léger, et les notes de pamplemousse rose abondent. Lorsqu’on s’habitue, car il le faut, on constate que ce vin est très agréable, que c’est un vrai vin et pas seulement une mémoire de vin. Chacun y prend du plaisir. Un signe qui ne trompe pas : ma femme l’apprécie. C’est pour moi un brevet important. Le vin s’accorde bien à la tarte, qui lui renvoie des saveurs en écho. Lorsque le lendemain je goûterai à nouveau ce sauternes, presque à température de pièce, le vin apparaîtra plus puissant et surtout plus sucré. Il s’affirme plus et s’offre une belle longueur. Je l’ai sans doute servi trop froid au dîner. En ce deuxième essai le vin me paraît être un très grand sauternes aux goûts d’agrumes, avec un joli final devenu charnu. Nous avons devisé en ce début d’année 2009, fiers de l’avoir commencée sur un vin de 113 ans. J’avais choisi des vins que j’aime pour que ce réveillon soit marqué par la joie de vivre. Réveillon du 31 décembre 2008 - les photos
Champagne Substance de Jacques Selosse. C'est la première fois que je remarque que les formes plus brunes sur l'étiquette sont des visages. Il faut lire la contre-étiquette, très instructive. Corton-Charlemagne Bonneau du Martray 1989 Côte Rôtie La Mouline Guigal 1984 Vega Sicilia Unico 1960, nettement plus vivant que le 1941 bu à Noël Le pot-au-feu au foie gras de canard fut absolument délicieux sur le Corton-Charlemagne. C'est hélas le seul plat que j'ai pris en photo. Tuesday, December 30. 2008bulletins wine-dinners - 4ème trimestre 2008 - du N° 288 au N° 300
Voici le nouveau bulletin qui est paru. Pour le lire, le copier, l'imprimer, cliquez sur le titre du bulletin : Les sujets du bulletin 300 : Déjeuner avec Les autres bulletins de ce trimestre sont dans la suite de ce texte (pour les autres bulletins du trimestre, cliquez ci-dessous sur la ligne commençant par "continuez...") Pour avoir accès aux bulletins depuis le n° 1, il suffit d'aller en haut et à droite de cette page et cliquer sur la catégorie "bulletins". Les messages qui comportent les bulletins s'afficheront. Il suffit alors d'aller choisir le bulletin que vous voulez lire. Tous les bulletins de wine-dinners sont présents sur le blog ! continuez à lire les bulletins de ce trimestre : Continue reading "bulletins wine-dinners - 4ème trimestre 2008 - du N° 288 au N° 300" le 300ème bulletin est paru le 30 décembre !
A l’occasion du 300ème bulletin, on peut regarder dans le rétroviseur. Quelques données sur les 300 bulletins : Le 1er bulletin est paru le 17 décembre 2000 Le 300ème bulletin est paru le 30 décembre 2008 Le nombre de bulletins par an a été de : 2000 1 2001 21 2002 31 2003 43 2004 28 2005 38 2006 45 2007 47 2008 46 Il y a depuis trois ans environ un bulletin par semaine avec une interruption de publication pendant quelques semaines d’été. Le nombre de sujets évoqués dans ces bulletins a été de 973 ce qui fait 3,24 sujets par bulletin en moyenne. Il y a eu 106 dîners de wine-dinners racontés, et 867 autres événements où le vin est concerné, c'est-à-dire plus de huit fois plus. Dans ces bulletins, 5523 vins ont été commentés, vins que j’ai bus. 1111 vins ont été bus dans les 106 dîners et 4412 ont été bus en d’autres occasions. La variété par âge est assez grande : décennie nombre 1780 à 1789 1 1820 à 1829 3 1830 à 1839 1 1840 à 1849 12 1850 à 1859 5 1860 à 1869 13 1870 à 1879 8 1880 à 1889 17 1890 à 1899 30 1900 à 1909 42 1910 à 1919 68 1920 à 1929 254 1930 à 1939 182 1940 à 1949 339 1950 à 1959 408 1960 à 1969 427 1970 à 1979 437 1980 à 1989 861 1990 à 1999 1434 2000 à 2007 981 Près de 1000 vins de plus de cinquante ans ont été décrits dans les bulletins. Il y a 254 vins dans la décennie des années 20, ce qui veut dire que presque chaque bulletin parle de cette décennie. On remarque que les vins jeunes ne sont pas oubliés dans ces bulletins puisqu’il a par bulletin huit vins nommés d’après 1989. Ces notes de dégustation, le plus souvent en repas, constitue une base de données assez riche sur l’histoire du vin. Atteindrai-je le bulletin 600 ? Cela parait difficile. plus belles bouteilles de l'année
Sur un forum, on demande quelles sont vos plus belles bouteilles de l'année. Voici ma réponse Voici mes bouteilles de l'année par région ou type : Saturday, December 27. 2008suite de la célébration de Noël deux jours plus tard
Une de mes filles n’ayant pas pu fêter Noël avec nous selon le calendrier, nous l’aménageons en fêtant Noël deux jours plus tard. Les emballages des cadeaux que les enfants déchirent dans la précipitation et les rires s’éparpillent autour du sapin. Nous goûtons un Champagne Dom Ruinart 1986 blanc de blancs. Servi un peu trop froid il lui faut du temps pour montrer son excellence. D’une belle couleur d’un or discret, d’une bulle forte, ce champagne est d’une pleine jeunesse. Contrairement aux deux champagnes précédents qui avaient nettement basculé dans la maturité, celui est plein de fougue, avec des goûts joyeux, fleuris, chantants. Sur des tartelettes au parmesan puis sur des gougères, nous nous régalons. Ma femme a préparé des petites bourses de saumon fourrées de tarama à la ciboulette, et le Chevalier-Montrachet « la Cabote » Bouchard Père & Fils 2000 est spectaculaire. La richesse de ce vin est extrême. Il remplit la bouche de mille explosions chatoyantes, riches de fruits jaunes et d’or. La longueur et le coup de fouet sur la langue sont le signe d’un vin d’une race extrême, un de ceux que je préfère de tous les merveilleux vins blancs de Bourgogne. Sur un porcelet aux petites pommes de terre en robe des champs, nous commençons par un Opus One Napa Valley 1988 dont les premières gorgées semblent marquées par une légère amertume qui s’estompe rapidement au contact du plat riche. Le vin prend des accents de vin de Bordeaux, avec un message simplifié mais riche. Je le trouve très expressif, goûteux, avec une mâche généreuse. Ce sont des « oh » et des « ah » qui accueillent l’apparition de la Côte Rôtie La Landonne Guigal 1996. Ce vin généreux, chantant, fruité, est un vin de pur plaisir. On sait qu’il est jeune, mais tel qu’il est, il n’apporte que du bonheur. Nous finissons les verres de blanc et de rouge avec un camembert. La tarte Tatin, conforme à la réputation de mon épouse, s’essaie sur le Château Coutet 1934 d’il y a deux jours. Il ne décline pas mais continue de souffrir du petit défaut que je lui trouvais. Nous n’insisterons pas. En trois repas nous aurons profité de nos enfants et petits enfants. La richesse de ces instants vaut tous les vins du monde. Noël en famille, deuxième partie - photos
Champagne Dom Ruinart Blanc de Blancs 1986 Chevalier-Montrachet La Cabotte Bouchard Père & Fils 2000 (vin que j'adore) et Opus One 1988 Côte Rôtie La Landonne Guigal 1996 Aumonière de saumon au tarama et porcelet aux pommes de terre en robes des champs L'impériale tarte Tatin de mon épouse, à la couleur de grand sauternes ! Wednesday, December 24. 2008repas de Noël en famille
Le jour de Noël, tout le monde fourbit ses cadeaux et un faux Père Noël fait luire les yeux des enfants qui y croient encore. Sur des toasts au foie gras, un champagne Louis Roederer 1966 est assez exceptionnel. Il est fortement ambré, et sa maturité est beaucoup plus assumée que celle du Salon 1982. Plus naturelle, elle nous emporte vers des saveurs romantiques, très douces. La variété des saveurs est extrême. Sur des coquilles Saint-Jacques crues au caviar de Russie, le Corton Charlemagne Bonneau du Martray 1990 développe un parfum envoûtant. Le nez est d’une puissance rare. Avec mon fils, nous nous souvenons du 1986 bu en magnum tout récemment d’une perfection absolue. Celui-ci n’a pas l’immensité du 1986, mais on retrouve la grandeur de ce grand vin blanc. Puissant, fruité, avec une très longue trace en bouche et une palette de saveurs très large, c’est un vin qui se marie merveilleusement bien avec le plat. Le Clos de la Roche Grand Cru Domaine Armand Rousseau 1999 est une nouveauté pour moi. J’ai eu envie d’essayer, même si ce vin est très jeune. Le nez est d’une subtilité rare. En bouche, on est conquis par la pureté d’un vin qui n’est pas extrêmement puissant, mais qui combine complexité et grâce. Mon gendre a cuit à peine des gambas qu’il a léchées d’un arôme de rose qui fait écho au vin, et le soupçon de cacao maigre élargit l’un des plus beaux vins jeunes que l’on puisse boire. Le plat suivant est un pigeon farci au foie gras, émulsion de mogettes de Vendée. Le Vega Sicilia Unico 1941 a un nez puissant, lourd, torréfié. Le vin est noir et évoque le café. Mon gendre et mon fils sont ravis de ce vin qui me gêne un peu par sa lourde trace après celle gracile du Clos de la Roche. On reconnaît toutefois la solidité de ce vin espagnol qui évoque certains vins lourds du Rhône. Ma femme ayant prévu un dessert et moi un vin, le mariage ne paraît pas possible aussi mon gendre essaie-t-il la crème au chocolat caramel sur le Vega Sicilia. Je n’essaie pas, car ça ne peut pas marcher, aussi ce dessert est-il une pause. Le Château Coutet Barsac 1934 avait un niveau bas. A l’ouverture, un nez d’orange confite m’avait rassuré. Nous buvons ce noir liquoreux, couleur café, sur des pamplemousses roses. On reconnaît bien sûr les attraits des sauternes, mais celui-ci, marqué d’un petit défaut métallique, ne me plaît pas plus que cela. Nous avons plébiscité le Clos de la Roche Armand Rousseau comme plus grand vin suivi du Corton Charlemagne. Nous différons ensuite. Mon troisième est le Louis Roederer 1966 et le quatrième le Mont-Redon 1978. Beaux moments familiaux avec des vins variés de grand intérêt. Noël en famille - les photos
Le Chateauneuf-du-Pape Mont-Redon 1978 est un cadeau de mon gendre Champagne Louis Roederer 1966 Vega Sicilia Unico 1941 Clos de la Roche Domaine Armand Rousseau 1999 : quelle splendeur ! Chateau Coutet 1934 à la magnifique étiquette. Hélas, le goût n'est pas aussi brillant. La table de famille. Compte tenu de la charge de travail qui pèse sur les épaules de mon épouse, les petits verres ont été préférés aux verres impressionnants de volume (mais nous avons triché en cours de route !). Coquilles Saint-Jacques crues au caviar et crevettes roses cuites d'une façon divine. Cette crème n'était pas franchement idéale pour le Coutet ! Je ne pensais pas que les oranges puissent avoir un coeur gros comme ça ! Accord meilleur avec le Coutet. Tuesday, December 23. 2008veille de Noël
La veille de Noël, la maison bruisse des rires des petits enfants. Mon gendre m’annonce qu’il a prévu le vin du soir, un Domaine de Mont-Redon Chateauneuf-du-Pape 1978. Nous sommes donc engagés dans un tour de chauffe avant Noël. J’ouvre un Champagne Salon 1982. La couleur est belle, déjà prononcée. Sa bulle est suffisante. Le champagne a manifestement un goût de vin ancien. Il fait plus que son âge et me rappelle un peu le Salon 1966. Va-t-on l’accueillir comme il est ou lui reprocher une maturité excessive ? Nous prenons le parti de l’accepter tel qu’il est et nous avons raison. Car les champagnes anciens ont une complexité et un charme rares, dans des douceurs que les champagnes jeunes n’ont pas. Sur du foie gras, le Salon est accueillant. Sur une anguille fumée, il gagne en longueur et en profondeur. Le Domaine de Mont-Redon Chateauneuf-du-Pape 1978 est vraiment à un sommet gustatif. D’une magnifique année, il la rondeur rassurante des vins du Rhône. Ce vin délicat sensible tout en ayant une belle richesse en bouche m’a fait penser aux propos que me tenait mon grand-père, qui aimait le vin sans vraiment le connaître : « si tu veux un vin de plaisir, prends un Chateauneuf-du-Pape ». Nous l’essayons sur du saumon cru sans aucun assaisonnement, car le Salon est épuisé depuis longtemps, et cela n’apporte rien au vin, alors que sur des coquilles Saint-Jacques juste poêlées, avec un soupçon de vinaigre celtique épicé, l’accord est extrêmement intéressant.
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