Friday, January 30. 2009Académie des vins anciens - 9ème séance - le récit
Les vins de l'académie, avec mes "outils de travail" et ceux d'un académicien. La neuvième séance de l’académie des vins anciens se tient au restaurant Macéo. Dès 16 heures, je commence l’ouverture des quarante-quatre bouteilles apportées par les académiciens. Une petite vingtaine sont déjà ouvertes quand deux amis viennent m’aider pour cette opération cruciale. Les odeurs me paraissent particulièrement prometteuses, et cela me fait plaisir, car les apports des académiciens s’améliorent à chaque séance. Le seul vin en situation critique est un Corton-Charlemagne 1949 qui me paraît mort. Les plus belles odeurs sont celles du Tokay (Pinot Gris) Vendanges Tardives Hugel 1971, du Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1979 et du Château Suduiraut 1947. Ces vins de belles promesses nous combleront par leur réussite. Alors que je demande aux inscrits que les vins soient fournis un mois avant la séance, c’est à 18h45 que je reçois la dernière bouteille au bouchon particulièrement ingrat. Alors que je me suis changé et habillé de frais, cette ultime ouverture que j’exécute de bien mauvaise grâce est la plus difficile de toutes. La suite de la soirée, par ses enchantements, va effacer ce petit détail. Nous sommes trente-huit annoncés mais seulement trente-quatre présents pour quarante-quatre bouteilles. Elles sont réparties en deux groupes, ce qui fait que chacun goûtera vingt et un vins ou plus. La liste est impressionnante. Voici ce qu’ont bu les deux groupes. Groupe 1 - Champagne Besserat de Bellefon sans année - Champagne Besserat de Bellefon sans année - Champagne Delamotte blanc de blancs 1990 - Champagne Pommery Brut Royal années 80 - Puligny Montrachet maison Pierre Ponnelle 1957 - Puligny-Montrachet Les Pucelles Boisseaux-Estivant négociant 1959 - Château Carbonnieux blanc 1962 - Château Lynch-Bages 1962 - Chateau Léoville-Poyferré Saint-Julien 1943 - Pichon Longueville Comtesse de Lalande 1953 - Bonnes-Mares Chanson Père & Fils 1955 - Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1979 - Chateauneuf-du-Pape Domaine de Montredon 1957 - Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1/2 bt 1970 - Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1/2 bt 1970 - Rioja Siglo 1970 Felix Azpilicueta Martinez - Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1964 - Rioja Siglo 1959 Felix Azpilicueta Martinez - Rioja Federico Paternina Reserva 1928 - Vouvray moelleux Le Haut Lieu Huet 1964 - Chateau Pajot, enclave du Chateau d'Yquem, Haut-Sauternes 1923 - château Suduiraut 1947. Groupe 2 : Champagne Besserat de Bellefon sans année - Champagne Besserat de Bellefon sans année - Champagne Fred. Leroux à Chigny brut 1964 - Champagne Pommery Brut Royal années 80 - Vouvray Clovis Lefèvre 1959 - Chassagne-Montrachet Henri Pillot 1949 - Corton Charlemagne Ropiteau Frères vers 1949 ou plus vieux - Bourgueil Domaine des Ouches Paul Gambier 1984 - Château Pape Clément 1970 - Chateau Beychevelle 1957 - Marquis de Saint-Estèphe, appellation Saint-Estèphe contrôlée 1964 - Château La Cabanne Pomerol 1962 - Grands-Echézeaux Domaine Gros Frère et Sœur 1976 - Charmes-Chambertin J. Mommessin 1946 - Chassagne-Montrachet rouge Joseph Drouhin 1959 - Gevrey-Chambertin Poulet Père & Fils 1964 - Santenay Remoissenet Père & Fils 1947 - Clos Vougeot Noirot-Carrière 1943 - Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta bt 1970 - Chateau Haut-Bergeron Sauternes 1978 - Tokay (Pinot Gris) Vendanges Tardives, Hugel, réserve personnelle de Jean Hugel 1971 - Porto Galo Réserve Spéciale sans année. Lors de cette séance, peu de vins ont été échangés entre les groupes, et j’ai bu presque exclusivement les vins du groupe 1. La curiosité m’a poussé à goûter de l’autre groupe le Champagne Fred. Leroux à Chigny brut 1964 qui est un peu fatigué mais offre un goût extrêmement subtil, et le Tokay (Pinot Gris) Vendanges Tardives, Hugel, réserve personnelle de Jean Hugel 1971 au parfum diabolique et à l’expression d’une richesse et d’une généreuse complexité fruitée. Mais, revenons à ceux de mon groupe. Le Champagne Besserat de Bellefon sans année que j’ai fourni pour l’apéritif me plait un peu moins que lors de la précédente réunion. Mais lorsqu’on s’habitue, ce champagne d’une dizaine d’années bien dessiné paraît fort plaisant. Nous passons à table. Le menu conçu pour l’événement est le suivant : Crémeux concentré de châtaignes fumées au jus de truffes et fine tartine fruitée aux poires et foie gras / Noix de coquille Saint Jacques d’Erquy en brochette, émulsion ‘fenouil- endive’ et condiments olives / Noisette d’agneau du Bourbonnais, polenta moelleuse aux aromates, tuile Parmesan cumin / Crème prise ‘chocolat bergamote’ et croustillant de clémentines et agrumes zestés. Pour un si grand nombre de vins, il n’était pas possible de chercher les accords mets et vins, mais le repas fut très bon. voici le seul plat que j'ai photographié. Par la suite, j'étais trop accaparé par les vins sublimes Le Champagne Delamotte blanc de blancs 1990 est de Mesnil-sur-Oger, ce qui implique une précision du vin et une belle élégance. Mais le Champagne Pommery Brut Royal années 80 est tellement délicieux que c’est lui qui capte l’intérêt. Ce champagne de ma cave est sans doute plus vieux que 1980. Il est doux, joyeux, et avec le foie gras, c’est un grand bonheur. Sa longueur est remarquable. Toute ma table est conquise par ce champagne de charme. Le Puligny Montrachet maison Pierre Ponnelle 1957 nous donne un coup de poing dans le cœur. Loin de tous les goûts actuels, il ouvre son propre chapitre dans l’histoire du goût. Le Puligny-Montrachet Les Pucelles Boisseaux-Estivant négociant 1959 est servi en même temps et les deux Puligny sont éblouissants. On ressent que le 1959 a une structure plus forte, et l’effet millésime est sensible, mais en fait, pour beaucoup d’entre nous, c’est le 1957 qui montre une émotion plus sensible. Nous sommes heureux d’une telle paire de vins réussis, qui vivent leur demi-siècle en délivrant des messages merveilleux. Ces vins complexes sont très difficiles à décrire tant leurs palettes aromatiques sont éloignées des goûts actuels, comme nous l’avons vu avec le « vieux » champagne. Nous ne savons pas si la soirée va se poursuivre à ce niveau, mais voilà un départ spectaculaire. Le Château Carbonnieux blanc 1962 nous ramène sur terre, car malgré une couleur avenante, le vin est fatigué. Un ami qui a attendu de le boire nous contera plus tard son retour à la vie. Mais sur le moment, le vin n’apporte pas le plaisir qu’il pourrait offrir. Le Château Lynch-Bages 1962 est assez agréable, et un léger caractère poussiéreux ne devrait pas trop limiter son plaisir, qui croît au fil des minutes, mais il y a trop de désir du côté du Chateau Léoville-Poyferré Saint-Julien 1943, charmeur, doucereux, riche, mâchu. C’est un vin de très grand plaisir, avec, en fond de plais, un léger coulis de fruit rouge. Le Pichon Longueville Comtesse de Lalande 1953 livré à 18h45 et dont le bouchon m’avait fâcheusement résisté consent enfin à être poli envers nous, car il a une distinction et une race rehaussées par une année de première grandeur. C’est un grand vin, mais des trois bordeaux rouges, c’est le 1943 qui l’emporte avec un charme fruité de grand plaisir. Le velours du 1943 est remarquable. Nous nous sommes bien amusés de l’attitude de l’ami qui a apporté le Bonnes-Mares Chanson Père & Fils 1955. Car il s’obstine à hésiter sur la valeur de son vin, alors qu’il est éblouissant. Il a un charme bourguignon serein. Son année est une grande année bourguignonne, au sommet de son art, et ce vin droit, direct, sans chichi et sans intellectualisme inutile, récite un beau texte fait de séduction naturelle. Et ce qui est remarquable, c’est que ce 1955 ne faiblit pas quand il est bu en même temps que le Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1979. Ce vin au nez sublime est une expression aboutie et conquérante des vins du Domaine. Il y a la légère amertume, la salinité que j’adore, et cette évocation subtile des pétales de rose. Quel vin enthousiasmant ! L’académicien qui l’a apporté, qui pour sa première séance a réussi un coup de maître rêvait depuis trois ans de l’apporter à l’académie. La joie illumine son visage. Nous demandons que l’on ralentisse le service des vins tant la conjonction de ces deux bourgognes est un moment de plaisir rare, au même titre que les deux Puligny d’à peine une heure plus tôt. Le Chateauneuf-du-Pape Domaine de Montredon 1957 tient bien sa place après ces deux merveilles. Accompli, avec la belle simplicité généreuse d’un Chateauneuf-du-Pape qui aurait pris des accents bourguignons, il donne un autre type de plaisirs, plus champêtres. Nous allons maintenant aborder une belle série de vins espagnols, car deux académiciens ont acheté ensemble une importante cave de vins espagnols anciens. On reconnaît en chacun de ces vins un beau style espagnol parfois marqué par un alcool un peu insistant comme avec le 1964. N’ayant pas pris de notes, je ne peux détailler les impressions du Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1/2 bt 1970, du même en bouteille Rioja Siglo 1970 Felix Azpilicueta Martinez, du Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1964 et du Rioja Siglo 1959 Felix Azpilicueta Martinez qui, comme un vin français, exprime la beauté de son millésime. En fait, le plus charmant et de loin, c’est le Rioja Federico Paternina 1928 qui nous réserve l’heureuse surprise d’évoquer la rose, comme le faisait le vin de la Romanée Conti. Ce vin espagnol a une subtilité et une finesse qui sont plus sensibles que celles des vins plus jeunes de sa région. C’est un vin absolument charmant. A propos de Romanée Conti, je me souviens qu’Aubert de Villaine, lors d’un repas de vignerons que j’avais organisé, avait éreinté avec une insistance remarquée, car inhabituelle, un Haut-Brion blanc 1966 que j’avais apporté. Et voici que je me mets à enfler ma critique du Vouvray moelleux Le Haut Lieu Huet 1964. C’est certainement un grand vin, mais je me prends à le trouver court, limité dans ses expressions à une faible évocation de poire. Quand on connaît la complexité des sauternes, ce Vouvray me semble une ébauche, au plus. Bien sûr, je ne suis pas dupe et je me rends compte que j’exagère la critique, car le vin se justifie. Mon élan critique m’a surpris car ce n’est pas mon tempérament. Le Chateau Pajot, enclave du Chateau d'Yquem, Haut-Sauternes 1923 est un vin que j’ai apporté pour qu’il entraîne dans son sillage les autres vins de l’académie. Je voudrais en effet que les vins de l’académie aient un âge canonique, car il faut boire les vins qui restent encore en caves. Cette bouteille rare est un message aux académiciens. Quand on me fait goûter, j’ai peur d’un goût de bouchon que je n’avais pas décelé au nez à l’ouverture. En fait le vin n’est pas bouchonné mais il a un léger défaut qui disparaît quand on l’associe aux quartiers de clémentines, qui effacent littéralement toutes les imperfections. Ce sauternes n’est pas puissant, il a mangé un peu de son sucre, mais son message subtil est une belle évocation d’un sauternes joliment évolué et la clémentine le dope judicieusement. Il m’émeut d’autant plus que c’est un autre sauternes de 1923, un Climens, qui a été le déclic de ma démarche passionnée envers les vins anciens, il y a maintenant plus de trente ans. Le Château Suduiraut 1947, dont l’or magnifique est d’un acajou le plus pur, est synonyme de la perfection absolue du sauternes. Je suis amoureux de Suduiraut 1928 que j’ai bu très souvent, mais force est de reconnaître que ce 1947 est dans l’épanouissement le plus absolu du sauternes parfait. C’est la grâce et la jouissance à l’état le plus abouti. On se délecte de chaque goutte de ce nectar. Je n’aurais jamais imaginé avant la réunion que nous eussions pu voir les vins de ce soir atteindre un tel niveau. C’est inespéré. On ne vote pas aux séances de l’académie car nous sommes en deux groupes et la collecte des votes serait difficile. Je ferai donc mon vote tout seul. La logique de la perfection me pousserait à mettre le Suduiraut 1947 en premier car il n’a pas l’ombre d’un défaut et une longueur irréelle. Mais le Richebourg 1979 s’est montré tellement charmant, subtil dans la retenue sans retenir son intensité que j’ai envie de le mettre en tête de mon vote. Le troisième pourrait être le champagne Pommery, porteur d’une grande jouissance, suivi du Puligny 1957 pour la surprise immense qu’il nous a donnée. Choisir ensuite entre le Rioja 1928 et le Bonnes-Mares 1955 est difficile. Voici ce que mon vote serait : 1 - Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1979, 2 - Château Suduiraut 1947, 3 - Champagne Pommery Brut Royal années 80, 4 - Puligny Montrachet maison Pierre Ponnelle 1957, 5 - Rioja Federico Paternina Reserva 1928, 6 - Bonnes-Mares Chanson Père & Fils 1955. La salle qui nous est réservée au restaurant Macéo est d’une taille parfaite. Le service est engagé et motivé. Le repas est très convenable, si l’on admet qu’il est impossible pour tant de vins de faire des mariages. Les vins ont été d’une incontestable qualité. Bien sûr, quelques vins ne mériteraient pas d’être apportés à ces séances. Nous allons travailler encore sur la qualité des apports, car le concept fonctionne remarquablement et nous devons progresser en qualité. Il n’est que de voir l’enthousiasme des participants, et leurs sourires ravis pour constater que cette séance de l’académie des vins anciens fut une splendide réussite. On me presse de convoquer au plus vite la prochaine réunion. Le succès de ce soir m’y encourage. académie du 30 janvier 2009 - les vins de la 9ème séance
Voici la liste à ce jour des vins de l'académie des vins anciens du 30 janvier 2009 (9ème séance) : Chateau Pajot, enclave du Chateau d'Yquem, Haut-Sauternes 1923 Rioja Federico Paternina Reserva 1928 Chateau Léoville-Poyferré Saint-Julien 1943 Clos Vougeot Noirot-Carrière 1943 Charmes-Chambertin J. Mommessin 1946 Château Suduiraut 1947 Santenay Remoissenet Père & Fils 1947 Chassagne-Montrachet Henri Pillot 1949 Corton Charlemagne Ropiteau Frères vers 1949 ou plus vieux Pichon Longueville Comtesse de Lalande 1953 Bonnes-Mares Chanson Père & Fils 1955 Puligny Montrachet maison Pierre Ponnelle 1957 Chateauneuf-du-Pape Domaine de Montredon 1957 Chateau Beychevelle 1957 Chassagne-Montrachet rouge Joseph Drouhin 1959 Vouvray Clovis Lefèvre 1959 Puligny-Montrachet Les Pucelles Boisseaux-Estivant négociant 1959 Rioja Siglo 1959 Felix Azpilicueta Martinez Château Lynch Bages 1962 Château La Cabanne Pomerol 1962 Chateau Carbonnieux blanc 1962 Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1964 Marquis de Saint-Estèphe, appellation Saint-Estèphe contrôlée 1964 Gevrey-Chambertin Poulet Père & Fils 1964 Vouvray moelleux Le Haut Lieu Huet 1964 Champagne Fred. Leroux à Chigny brut 1964 Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1/2 bt 1970 Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1/2 bt 1970 Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta bt 1970 Rioja Siglo 1970 Felix Azpilicueta Martinez Château Pape Clément 1970 Tokay (Pinot Gris) Vendanges Tardives, Hugel, réserve personnelle de Jean Hugel 1971 Grands-Echézeaux Domaine Gros Frère et Soeur 1976 Chateau Haut-Bergeron Sauternes 1978 Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1979 Champagne Pommery Brut Royal années 80 Champagne Pommery Brut Royal années 80 Bourgueil Domaine des Ouches Paul Gambier 1984 Champagne Delamotte blanc de blancs 1990 Porto Galo Réserve Spéciale sans année Champagne Besserat de Bellefon sans année Champagne Besserat de Bellefon sans année Champagne Besserat de Bellefon sans année Champagne Besserat de Bellefon sans année Pour 34 présents (38 annoncés), nous avons partagé 44 bouteilles. Un succès qualitatif extrême. académie des vins anciens 30 janvier 2009 - les vins 1
Chassagne-Montrachet Henri Pillot 1949 Corton Charlemagne Ropiteau Frères vers 1949 ou plus vieux Marquis de Saint-Estèphe, appellation Saint-Estèphe contrôlée 1964 Vouvray moelleux Le Haut Lieu Huet 1964 Chassagne-Montrachet Joseph Drouhin 1959 Clos Vougeot Noirot-Carrière 1943 Château La Cabanne Pomerol 1962 Grands-Echézeaux Domaine Gros Frère et Soeur 1976 Puligny-Montrachet Les Pucelles Boisseaux-Estivant négociant 1959 Bourgueil Domaine des Ouches Paul Gambier 1984 Académie des Vins anciens 30 janvier 2009 - les vins 2
Vouvray Clovis Lefèvre 1959 Chateauneuf-du-Pape Domaine de Montredon 1957 Rioja Federico Paternina Reserva 1928 Bonnes-Mares Chanson Père & Fils 1955 Champagne Delamotte 1990 Porto Galo Réserve Spéciale sans année Chateau Pajot, enclave du Chateau d'Yquem, Haut-Sauternes 1923 Chateau Beychevelle 1957 Santenay Remoissenet Père & Fils 1947 Tokay (Pinot Gris) Vendanges Tardives, Hugel, réserve personnelle de Jean Hugel 1971 Champagne Fred. Leroux à Chigny brut 1964 Puligny-Montrachet Pierre Ponnelle 1957 . Chateau Lynch-Bages 1962 (niveau bas) académie des vins anciens 30 janvier 2009 - les vins 3
Chateau Suduiraut 1947 Champagne Besserat de Bellefon brut sans année (quatre bouteilles pour l'apéritif) Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1964 Chateau Haut-Bergeron Sauternes 1978 Richebourg Domaine de la Romanée Conti 1979 Chateau Léoville-Poyferré Saint-Julien 1943 mis en bouteille par Godfroid distillateur à Verviers Très belle étiquette et beau blason Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1970 (deux 1/2 bt) Château Pape Clément 1970 Rioja Siglo 1970 Rioja Siglo 1959 Rioja Reserva Especial Martinez Lacuesta 1970 (en bouteille) Champagne Pommery brut royal, vers années 80 Charmes-Chambertin J. Mommessin 1946 la belle capsule de ce Mommessin 1946 : Gevrey Chambertin Poulet Père & Fils 1964 Chateau Carbonnieux blanc 1962 Chateau Picon Longueville Comtesse de Lalande 1953 Académie des Vins anciens – 9ème séance - les règles
Académie des Vins anciens – 9ème séance du 30 janvier 2009 Informations sur la 9ème séance de l’académie des vins anciens du 30 janvier 2009 : Lieu de la réunion : restaurant Macéo 15 r Petits Champs 75001 PARIS 01 42 97 53 85 Date de la réunion : c'est le 30 janvier à 19 heures, heure absolument impérative. Coût de la participation : 120 € pour un académicien qui vient avec une bouteille ancienne. 240 € pour les académiciens sans bouteille. Chèque à adresser dès maintenant à l'ordre de "François Audouze AVA" à l'adresse suivante : François Audouze société ACIPAR, 18 rue de Paris, 93130 Noisy-le-Sec. Inscription : par mail à François Audouze Proposition de vins anciens : indiquer toutes informations sur l’état et le niveau. Toute bouteille proposée doit être agréée par François Audouze Dates limites : comme nous sommes proches de la date de réunion : livrer les bouteilles au plus vite. Envoyer votre chèque avant le 20 janvier, date vraiment limite. Nota : les chèques reçus avant la séance ne sont pas remis en banque avant la séance. Il n’y a donc aucun avantage à retarder l’envoi. Livraison des bouteilles : Si vous déposez les bouteilles, faites le au bureau de la maison de champagne Henriot 5 rue la Boétie 75008 PARIS - tél : 01.47.42.18.06. C'est au deuxième étage. Indiquez bien votre nom sur votre paquet, mais surtout, n'écrivez rien sur les bouteilles et ne collez rien sur les bouteilles. Si vous expédiez les bouteilles, faites le à l'adresse de mon bureau : François Audouze société ACIPAR, 18 rue de Paris, 93130 Noisy-le-Sec, et je les garderai dans ma cave. Bien indiquer ACIPAR sur l’adresse de livraison Informations complémentaires : Vous pouvez vous informer sur les précédentes réunions en regardant sur le blog, dans la catégorie « académie des vins anciens ». Thursday, January 29. 2009visite à Dom Pérignon, dégustation et repas
Etienne de Montille qui participait au dîner de vignerons que j’avais organisé en décembre me demande les coordonnées de Richard Geoffroy, l’âme de Dom Pérignon. Dans mon message de réponse est glissée cette invite : « si tu vas lui rendre visite, j’aimerais venir avec toi ». Peu de temps après le jour est choisi. J’arrive un peu en avance à l’abbaye d’Hautvillers par un temps froid et ensoleillé. La grande salle de dégustation est déjà préparée, avec les verres de dégustation alignés. Etienne de Montille est accompagné de Jeremy Seysses, du domaine Dujac et trois américains, épouse de l’un, amie de l’autre et un ami journaliste du vin. J’étreins Richard tout souriant de nous voir. Nous commençons à goûter Champagne Dom Pérignon 2000. Son nez est envoûtant. La bulle est ultra fine. La noix, la noisette, le toasté envahissent les narines et le palais. La longueur est belle. Ce champagne s’améliore à chaque fois que je le bois, comme c’est souvent le cas pour Dom Pérignon. Comme nous sommes avec des vignerons, les questions techniques abondent mais elles sont toujours abordées avec subtilité et poésie. Richard Geoffroy parle de vision esthétique dans sa façon de composer Dom Pérignon et de « paradoxe ». Dom Pérignon est une sorte de « benchmark » dans le monde du champagne, mais il n’est pas typique du champagne. Richard Geoffroy dit que son style est singulier, idiosyncratique. Il sait cultiver la différence, quitte parfois à user de provocation. Il parle de sa philosophie de l’intensité, qui est évidemment très différente de la recherche de la force et de la puissance. Richard Geoffroy parle de « complétude », combinaison de recherche d’un vin complet et complexe. Pendant cet échange de propos le vin s’épanouit, gagnant en minéralité et en iode. Sa bulle est forte. Nous goûtons ensuite le Champagne Dom Pérignon rosé 2000 qui ne sera commercialisé qu’en septembre 2009. Le nez est discret et doux. La couleur est d’un rose délicat, sans aucune trace d’orange. La bulle est très fine. Je le trouve très vineux, plus vin que champagne, assez strict, un peu sec, ne jouant pas sur la suavité et le charme. Richard Geoffroy dit que ce Champagne Dom Pérignon rosé est glorieux, ce qui me surprend. Mais lorsque le vin s’ouvre dans le verre, on comprend mieux la remarque de Richard Geoffroy car le vin s’adoucit et l’on sent même du fruit confit. Richard Geoffroy insiste beaucoup sur le caractère réducteur des vins, qui explique notamment que la couleur des champagnes reste d’une jeunesse étonnante comme on le verra plus tard. Le Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1995 dégorgé en 2006 a une couleur d’un jaune discret, encore vert. La bulle est très fine. Le nez est minéral, d’ardoise humide. L’attaque est acide, le champagne est très vert, mais tout cela s’assemble dès que quelques degrés de plus réchauffent le vin dont la minéralité demeure. Le Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1996 dégorgé en 2008 ne sortira sur le marché que dans plus d’un an. Si Richard Geoffroy l’a inclus dans le programme, c’est qu’il avait envie de suivre son évolution. Le nez est très champagne, sans doute le plus pur des trois à ce stade. Il représente pour moi la pureté absolue du champagne, celle d’un « vrai » Dom Pérignon. Sa longueur est extrême. Etienne et Jeremy signalent sa présence tannique alors que le vin n’a jamais connu de bois, à l’exception du bouchon lorsqu’on lui en a mis un. Quand la température augmente, je ressens les fleurs blanches que j’aime tant dans Dom Pérignon. Les deux derniers champagnes nous sont servis ensemble, le Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1975 dégorgé en 2007 et le Champagne Dom Pérignon Œnothèque 1966 dégorgé en 2004, servi en magnum. Les deux vins ont des couleurs très claires, que l’on n’imaginerait jamais de vins de ces âges. Le 1975 a un nez acide mais profond. En bouche, il est complexe, très subtil, tout en suggestion calme. On devine le fruit. Le 1966 a un nez minéral. Je le trouve éblouissant, phénoménal et d’une profondeur énorme. Quand Richard Geoffroy remarque un léger défaut, cela n’altère pas mon jugement, car comme le signale Richard Geoffroy, la « matrice » du champagne est intacte. Etienne qui est conquis par les deux vins, dit que le 1975 a l’esprit Meursault et que le 1966, c’est l’esprit Chevalier-Montrachet. Le 1966 continue de m’émouvoir même si progressivement son défaut qui n’est pas que de bouchon grandit avec le temps. Comme je l’avais déjà fait en ce lieu, je fais servir un vin du Jura, car je trouve que la continuité gustative va jusqu’à l’osmose. J’ai choisi un Château Chalon Vichot-Girod de Névy-sur-Seille 1959 que j’ai pris ce matin dans ma cave. La couleur est d’un bel or et le vin est légèrement trouble du fait du voyage. Patrick, le sommelier, a brisé le bouchon qui est tombé dans la bouteille. Je sers les verres et extirpe un à un les morceaux tombés dans le liquide. Mon intuition est que le vin du Jura ira avec le 2000 qui avait offert des évocations de noix très nettes. Et l’osmose est incroyable. Le Château Chalon se place d’emblée en chevalier-servant du 2000 qui prend une ampleur rare et domine le vin jaune. J’essaie ensuite avec le 1966 et le Château Chalon continue de jouer le rôle de Monsieur Loyal, épanouissant le champagne en lui apportant plus de joie. Nous nous dirigeons ensuite au restaurant « Les Grains d’argent » à Dizy que Richard visite pour la première fois. Le décor est agréable, le service est attentionné, mais on sent une atmosphère guindée qui veut se pousser du col. La jeune fille qui annonce les plats impose le silence pour délivrer son message. Quand j’ai suggéré que l’on apporte des verres pour finir le Château Chalon la patronne m’a regardé avec effroi, comme si je lui faisais des propositions que la morale réprouve. Elle a refusé. Je n’ai pas insisté. Tout ceci est assez poussiéreux, mais la cuisine est bonne. Le marbré de foie de canard aux truffes est extrêmement goûteux, la matelote d’anguille en cocotte est vraiment de première grandeur et la volaille de Bresse en demi-deuil, risotto crémeux aux truffes est bien exécutée. L’absence du Château Chalon se fait cruellement sentir sur ce plat. Le repas s’est agrémenté de Champagne Dom Pérignon 1999 qui est d’un épanouissement croissant. Richard aime son enfant mais ce n’est pas celui que je préfère de la série 96, 98, 99, 00. Comme on le sait, ces Champagne Dom Pérignon sont tous différents et trouvent leurs amoureux. La joyeuse bande continuait son chemin en champagne, dont Salon. La tentation était forte de les suivre, mais demain, c’est l’académie des vins anciens. Il faut être raisonnable, même si le monde du champagne m’enflamme. J’ai donné le reste du Château Chalon à cette jeune bande d’amis. Cette visite à Dom Pérignon fut un grand bonheur. visite à Dom Pérignon et déjeuner aux "Grains d'Argent"
Etant arrivé en avance à Hautvillers, je peux photographier les serviettes délicatement brodées, préparées pour la dégustation. Le Chateau Chalon Vichot-Girod 1959 que j'ai apporté pour créer des ponts gustatifs avec Dom Pérignon Le restaurant "Les Grains d'Argent" foie gras et matelote d'anguille goûter une volaille de Bresse sans pouvoir finir le Chateau Chalon, parce que le restaurant ne le veut pas, c'est particulièrement fâcheux. Wednesday, January 28. 2009déjeuner de conscrits au Yacht Club de France
Notre déjeuner de conscrits se tient au Yacht Club de France. Nous avons le privilège d’être reçus dans la belle salle riche de coupes, trophées en argent et maquettes de bateaux de membres de ce club prestigieux. Le maître d’hôtel particulièrement attentionné a élaboré un beau menu : grosses gambas en nem, tartare de saumon et Saint-Jacques / tournedos de filet de veau, petits légumes et purée maison truffée / fromages affinés Alléosse / Paris-brest préparé devant nous. C’est charmant et délicat. Le champagne Haton m’est inconnu. Il plait à mes amis, mais même s’il est acceptable, je le trouve assez limité. Sa bulle est fine, il se boit gentiment. Le Chablis Brocard 2007 est trop vert pour moi aussi est-il délaissé. En revanche, le Château Rausan-Gassies 1998 est un vin chaleureux qui me plait énormément Alors que la veille à peine, j’avais goûté Château Margaux, ce margaux a pleinement sa place, avec joie entrain, et un beau charme. Le Paris-brest préparé devant nous par le maître d’hôtel ajoute encore à notre plaisir. Dans cette belle salle aux volumes généreux, l’amitié s’exprime encore mieux. Tuesday, January 27. 2009"les mots et les vins" avec Chateau Margaux
Olivier Barrot et Eric Beaumard organisent un nouveau dîner sous l’enseigne « Les Mots et les Vins » au salon anglais de l’hôtel George V. De plus en plus, les participants sont des habitués, fiers de faire partie de ce cénacle. C’est Erik Orsenna qui nous parlera de son ouvrage « L’avenir de l’eau » et Paul Pontallier qui nous présentera les vins de Château Margaux. Le champagne Diebolt-Vallois brut sans année me paraît plus dosé que d’habitude, impression que partage un habitué amateur de vin. Les canapés qui sont proposés pendant l’apéritif pris debout sont délicats. Je suis à côté de Béatrice Pontallier, épouse du directeur général de Margaux. A ma table, des amis de l’hôtel George V, d’Eric Beaumard, des amateurs de vins et Paul Pontallier qui nous explique qu’il est très rare qu’il présente ses vins en France, car il est beaucoup plus sollicité de le faire hors de nos frontières. Eric Briffard a mis au point avec Eric Beaumard le menu : noix de Saint-Jacques normandes en tartare aux algues, bouillon de poule au foie gras, gingembre / truffe noire de Tricastin, mousseline de topinambours, copeaux de canard séché et artichauts / pavé de cabillaud nacré, sauve genevoise, chou fondant au carvi, nougatine de cèpe / épaule d’agneau du Limousin aux aromates, asperges vertes, gnocchi potiron, caillé de brebis / Viennetta glacé au café Blue Mountain, praliné croustillant. Le Pavillon blanc du Château Margaux 2006 a un nez très citronné, mais on devine du fruit mûr sous le citron. Il m’évoque une groseille à maquereau. En bouche, l’attaque est calme, sans aucune acidité qu’annonçait le nez. Le vin est gras et fluide, avec un final de légume vert astringent. C’est un beau vin dont la beauté n’existe que parce que le vin est jeune. Quand le vin aura quelques années de plus il révèlera une autre beauté. L’ormeau qui voisine avec la coquille Saint-Jacques lui donne de l’émotion et c’est le bouillon de poule qui donne au vin blanc un charme merveilleux. Le Pavillon rouge du Château Margaux 2004 est encore très jeune. Son nez est un peu amer. Le plat, trop subtil, ne le met pas en valeur. Il y a dans la truffe et l’artichaut trop de finesse pour un vin somme toute assez retenu. Il révèle une certaine astringence et s’exprime plus quand il est bu seul. Le Château Margaux 1999 a un nez extrêmement subtil. On sent que ce vin a énormément de réserve et ne demande qu’à se livrer. Son fruité est particulièrement brillant. Le vin est merveilleux sur la chair du cabillaud, véritable exhausteur de goût. Le vin est d’une belle délicatesse. Le Château Margaux 1989 est d’une grande puissance. Son parfum est gêné par mon verre qui sent le verre. Ce vin a une structure et un fruit qui nous font approcher de la perfection. Il y a un peu de râpe et de poivre qui sont des signes de jeunesse. Lorsque j’ai lu des comptes-rendus de dégustation, j’ai toujours hésité sur l’évocation de la mine de crayon, qui n’est pas un repère naturel pour moi. Et voici que je la sens dans ce vin de grande verdeur. L’épaule d’agneau est sensuelle, d’un gras confortable qui permet au Margaux de s’exprimer dans la jouissance de la cuisine bourgeoise. Un dé de pastèque excite le vin, mais comme pour la truffe noire, c’est un exercice intellectuel plus que sensuel. L’astringence du vin annonce une longévité remarquable. Erik Orsenna, brillant conteur, nous fascine par la simplicité de ses exposés. Paul Pontallier nous fait passer toute la flamme de sa recherche d’excellence. Eric folâtre dans le romantisme brillant des explications de ses accords. Eric Briffard a un talent consommé pour tirer la quintessence de plats simples. La délicatesse raffinée de ce beau dîner fut exemplaire. Les Mots et les Vins au George V - les photos
Le champagne Diebolt-Vallois brut sans année. De gauche à droite : Erik Orsenna, Olivier Barrot, Eric Beaumard, Paul Pontallier. L'entrée : noix de Saint-Jacques normandes en tartare aux algues, bouillon de poule au foie gras, gingembre La coquille d'ormeau. On note la beauté de la truffe noire de Tricastin, mousseline de topinambours, copeaux de canard séché et artichauts. pavé de cabillaud nacré, sauve genevoise, chou fondant au carvi, nougatine de cèpe / épaule d’agneau du Limousin aux aromates, asperges vertes, gnocchi potiron, caillé de brebis Viennetta glacé au café Blue Mountain, praliné croustillant. Et la beauté des arrangements floraux en l'honneur de Margaux. Monday, January 26. 2009En dégustation à l’aveugle, j'ai encore du travail à faire
Après avoir déjeuné au George V et passé l’après-midi au bureau, je rentre à la maison pour dîner. Sur la table, une bouteille de forme bourguignonne recouverte d’une feuille d’aluminium. Ma femme me dit : « goûte ça ». Je verse dans un verre à vin qu’elle m’a préparé. A la maison, nous ne buvons jamais de vin quand nous sommes ensemble, aussi suis-je intrigué. S’agit-il d’un jus de fruit qu’elle aurait fait et mis dans une bouteille vide ? S’agit-il de quelqu’un qui serait venu à la maison avec une bouteille ? Mais pourquoi serait-elle ouverte ? Je ne cherche pas plus la raison de tout cela, et je prends le verre. La couleur est celle d’un vin, donc si c’est un jus de fruit, c’est mûre ou cassis. Je sens, et, sans aucun doute, c’est du vin. Je reviens à la couleur, et c’est la couleur d’un vin récent relativement peu fruité. Il n’y a ni noir ni rouge vif. Je goûte. C’est assez limité, mais ce n’est pas mauvais, car je ne sens aucun excès. Ma femme me demande : « est-ce que c’est bon ? ». Je dis que ce n’est pas si mauvais que ça, même s’il n’y a pas un grand fond. Et j’essaie de situer. Je suis évidemment influencé par la forme de la bouteille, et je risque : centre de la France, plutôt vers Beaujolais ou centre Nord. Ma femme me dit : « est-ce que c’est français ». Je réponds que oui en toute vraisemblance. Le suspense s’arrête quand ma femme enlève le papier d’aluminium. C’est : « cuvée du Patron », vin de pays de Méditerranée, produit de France. Le bouchon en matériau synthétique indique : « mis en bouteille dans nos chais ». La contre-étiquette dit : « Cuvée du Patron, vin de pays de Méditerranée, vin rouge. Tout le soleil de la Méditerranée et la générosité du terroir de la Vallée du Rhône sont réunis dans cette cuvée ». Le vin fait 13° et contient des sulfites. C’est donc, à mon sens, un mélange de vin d’Algérie et de vin du Rhône, non identifié. En fait non, c'est un vin français, car l'appellation vin de pays de Méditerranée veut dire vin français. L’étiquette du prix est toujours là : 2,90 €. J’ai trouvé que ce vin est plutôt meilleur que des vins mauvais de certaines régions. Je n’ai pas fini mon verre car il n’y a pas de raison de se faire mal, mais ce n’est pas si stupide. Là où je me suis trompé, sans le dire, c’est que j’imaginais, du fait de la platitude du vin, qu’il s’agissait d’un vin de plus de dix ans. Erreur. Je n’ai pas trouvé le vin, car on n’est pas franchement dans mes repères. Mais cette cuvée du Patron n’est pas si stupide que ça, parce qu’elle ne cherche pas à prouver quelque chose. Il y a des vins de cantine ou de buffet qui sont atroces à côté de celui-là. Alors, pourquoi ce vin ? Ma femme prépare des joues de bœuf aux carottes confites. Les prix des vins du George V
On remarque le Krug 1973 à 5000 € en magnum, et le Krug Clos du Mesnil 1988 en bouteille à 3.500 € On remarque le Chateau Haut-brion 1989 en bouteille à 6.500 € C'est hors de portée de l'amateur. déjeuner au Cinq du George V
De temps à autre, avec Nicolas de Rabaudy, écrivain du vin et de la gastronomie, nous aimons faire un petit « gossip ». J’utilise ce mot anglais, car « papotage » aurait un caractère futile que « gossip » n’a pas, dans mon acception personnelle, peut-être erronée. Le rendez-vous est pris au restaurant Le Cinq du George V. Aucun des deux Eric B. n’est là, ni Briffard ni Beaumard, ce que je regrette. Etant en avance selon la coutume, j’ai le temps de consulter la carte des vins. Eric Beaumard est certainement l’un des plus grands sommeliers que je connaisse, mais la tarification pour certains vins bien précis s’apparente au grand banditisme. Quand pour un vin de vingt ans tout juste on dépasse de cinq mille euros le prix que je pourrais payer, je ne vois aucune justification possible. Un restaurant de ce prestige et de cette renommée a une force d’achat que je n’ai pas. Cette force doit être au service du consommateur et non pas le prétexte à un coup de fusil éphémère, ciblé sur la clientèle d’un pays producteur de gaz. Comme Eric Beaumard est habile, il y a quelques pépites ou quelques douleurs que l’on trouve supportables tant les autres excès effraient. Il convient de dire que le George V n’est pas le seul, mais sur certains vins, je crois qu’il l’est. Quand un vin est près de cinq fois plus cher qu’au Crillon, peut-on invoquer la faute de frappe ou l’erreur, quand on sait que le Crillon n’est pas lui-même l’exemple de la modération ? La crise du prix des vins va forcer à des révisions. Les premiers à réagir en tireront les dividendes. Avant l’arrivée de Nicolas, je commande un Hermitage rouge Chave 2003, car j’aime ce vin. Il est déjà ouvert et carafé quand Nicolas arrive avec un Pommard Grands Epenots Ferrot-Gellard 2002. Abondance de biens peut être nuisible à notre santé aussi, très Frenchie, j’offrirai un verre de chaque vin à une jeune japonaise qui déjeune seule à une table voisine. Elle fera force courbettes pour remercier le généreux donateur, incapable de faire beaucoup plus car elle ne parle ni français ni anglais. Dans cette salle que je m’obstine à trouver belle alors que ma femme ne partage pas mon avis, nous prenons le menu du jour dont le tarif est particulièrement doux. Il faudrait prendre 76 repas à ce tarif pour égaler le prix d’un Haut-Brion 1989. C’est tout dire, et cela montre la folie de la tarification des vins. Les amuse-bouche sont sympathiques et discrets. Le risotto crémeux aux asperges vertes, fritons de ris de veau au citron est confortable pour le vin de Pommard, mais il est un peu salé. Le Pommard m’étonne par la joliesse de sa composition. Frais, précis, il plait en bouche sur l’instant, mais un certain manque de structure le prive d’un final qu’il pourrait avoir. La blanquette de veau au vin jaune, légumes racines aux chanterelles est un plat de première grandeur. Toute l’émotion qui manquait au risotto se trouve, multipliée par dix, dans cette divine blanquette. Il suffit d’un tel plat pour justifier tout le reste. Les légumes sont cuits comme on le montrerait en école de cuisine. L’Hermitage de Chave, quand on le boit et déjà quand on le sent, donne un sentiment de péché. On se sent coupable de défloraison. Riche, charnu, juteux en bouche, il évoque mille et un goûts. On cherche, on s’interroge, mais savez-vous à quoi ce vin me fait penser ? A du vin. Car pourquoi aller chercher des fruits et des fleurs pour imager ce qui est du vin pur, riche, heureux. Ce vin est du vin, solide, serein, charnu, plein de belles promesses. Un Comté de trente mois me conforte dans mon sentiment qu’un Comté est à son apogée à dix-huit mois, car plus âgé, il tend à ressembler à un Salers. Les délicieuses mignardises sont un allié objectif des salles de sport et autres Pilates. Dans une salle plus qu’à moitié vide, mais c’est un lundi, le service attentionné est efficace. La blanquette vaut à elle seule le voyage. Ce fut un beau déjeuner. déjeuner au George V - le Cinq - les photos
Pommard Grands Epenots Ferrot-Gellard 2002 Hermitage Domaine Jean-Louis Chave 2003 La délicate cuisine d'Eric Briffard On note l'usage des émulsions. J'ai photographié cette petite cloche en verre, charmante comme tous les éléments de décoration. Un motif de la porcelaine de Limoges aux motifs raffinés
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