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Ce blog n’est pas un guide au sens classique. C’est plus le roman d’aventures d’un passionné de vins anciens et de gastronomie.
On peut accéder à ce blog en cherchant sur un mot (restaurant, vin, année, un plat) ou en suivant le calendrier où les titres de chaque sujet sont indiqués.  Pensez à aller sur d’autres pages que la première, car il y a des sujets passionnants à toutes les pages.

Le détail des prochains dîners se lit ici : https://www.academiedesvinsanciens.org/programme-des-diners/

 

 

 

 

(ouverture de Mouton 1918 dont l’étiquette Carlu est en tête de ce blog. A gauche, on reconnait Mouton 1945)

 

 

 

 

 

 

Il n’est pas prévu – pour l’instant – de dialogue directement sur le blog, car je ne pourrais pas le gérer. Mais on peut m’adresser des questions, des commentaires, des suggestions par mail en se servant du formulaire que l’on trouve en cliquant sur ce lien : me contacter .

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Bulletins du 1er semestre 2026, du n° 1079 à … samedi, 30 mai 2026

Bulletins du 1er semestre 2026, du numéro 1079 à …

Pour lire le bulletin de votre choix, on clique sur le lien pour ouvrir le pdf de ce bulletin

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(bulletin WD N° 1091 260602)    Le bulletin 1091 raconte : déjeuner au restaurant l’Ecu de France pour fêter nos noces de diamant, déjeuner dans ma cave pour préparer l’article qui paraîtra sur Paris Match, définition du menu d’un prochain repas au restaurant Plénitude, déjeuner de famille puis autre déjeuner de famille.

(bulletin WD N° 1090 260521)    Le bulletin 1090 raconte : déjeuner au restaurant le Train Bleu, déjeuner à mon domicile, dégustation annuelle des vins de Tempos Vega Sicilia, dégustation des vins de la maison Albert Bichot, déjeuner au restaurant Geoélia et célébration des noces de diamant au restaurant Plénitude Arnaud Donckele.

(bulletin WD N° 1089 260505)    Le bulletin 1089 raconte : déjeuner au restaurant Pages, déjeuner au Yacht Club de France, et dîner au restaurant le Vieux Crapaud.

(bulletin WD N° 1088 260427)    Le bulletin 1088 raconte : déjeuner au restaurant l’Aventure dans le sud, visite à la maison de champagne Paul Launois, déjeuner au restaurant Les Crayères à Reims, déjeuner à la maison, les domaines familiaux de Bourgogne, déjeuner dans ma cave avec un Constantia du 18ème siècle.

(bulletin WD N° 1087 260413)     Le bulletin 1087 raconte : déjeuner à la maison, 308ème déjeuner de wine-dinners au restaurant Pages, déjeuner au restaurant de l’hôtel Meurice, déjeuner au restaurant Astrance et déjeuner au restaurant Geoélia.

(bulletin WD N° 1086 260331)    Le bulletin 1086 raconte : première présentation de l’Yquem 2023 au musée Bourdelle, dégustation des vins de ‘Primum Familiae Vini’ au Grand Palais, déjeuner d’amis dans ma cave, 307ème dîner au restaurant Pages pour un couple et dîner avec des ex-étudiants de grandes écoles au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1085 260323)    Le bulletin 1085 raconte : déjeuner au restaurant Bern’s Steak House à Tampa, dîner avec Peter Gago, le maître de chais de Penfolds, le vignoble le plus célèbre d’Australie, visite de ma cave et déjeuner avec une journaliste spécialisée dans le tourisme de luxe

(bulletin WD N° 1084 WD 260310)    Le bulletin 1084 raconte : déjeuner au restaurant de l’hôtel Bristol, dîner au restaurant italien Portosole à Coral Gables, dîner dans une boutique à vins de Miami avec des amateurs américains, déjeuner chez une amie américaine, la plus fidèle de mes dîners.

(bulletin WD N° 1083 260302)    Le bulletin 1083 raconte : déjeuner au Yacht Club de France, déjeuner au restaurant Pages, repas de Noël et réveillon de la Saint-Sylvestre à notre domicile de la région parisienne.

(bulletin WD N° 1082 260217)    Le bulletin 1082 raconte : dégustation de tous les vins de 2022 du domaine de la Romanée Conti avec Perrine Fenal co-gérante du domaine, dans ma cave déjeuner avec le vigneron Dirk Niepoort et son épouse et déjeuner avec Rino Fontana, grand amateur italien de vins anciens, au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1081 260204)    Le bulletin 1081 raconte : le 305ème dîner très cosmopolite de wine-dinners au restaurant Astrance et dîner avec  mon fils et des bouteilles « à risque ».

(bulletin WD N° 1080 260127)    Le bulletin 1080 raconte : la généreuse 43ème séance de l’Académie des Vins Anciens, un repas de famille et un déjeuner au restaurant le Petit Sommelier avec des amis que je n’avais pas revus depuis plus de soixante ans.

(bulletin WD N° 1079 260110)    Le bulletin 1079 raconte : présentation d’un livre « 1855 Culte et Cultures » au siège parisien de Christie’s, dîner au Grand Véfour pour célébrer la parution de ce livre, déjeuner aux vins impromptus au restaurant Pages et présentation des vins incroyables de la 43ème Académie des vins anciens.

309è dîner au restaurant Pages jeudi, 21 mai 2026

Le 309e dîner de Wine Dinners se tient au restaurant Astrance. Nous sommes 12, dont deux personnes qui habitent à Singapour et qui, après notre dîner, vont nous quitter pour aller en Grèce. Et les autres participants sont français. Il y a seulement quatre personnes qui n’ont pas participé à mes dîners.

Le menu a été mis au point avec Pascal Barbot qui, hélas, ne pouvait pas être parmi nous, mais il avait donné de telles instructions que le dîner s’est déroulé absolument parfaitement.

Nous commençons l’apéritif par un Champagne Pommery & Greno for Coronation Elizabeth II of July 2nd 1953 millésime 1947. Ce champagne est particulièrement brillant. Il est très puissant, très bien construit et d’une grande solidité. Il a accompagné mes propos de présentation de mes dîners et des amuse-bouches délicats.

Le menu : palet gribiche & courgetti, gougère parmesan & mélilot, navet doux au naturel & citron rôti / bulot & algues, huître – pomme & cresson, praire & jus d’agrume légèrement parfumé au piment, riz koshihikari fraîchement poli & jus marinière / médaillon de homard & bisque de crustacé, biscotte à la confiture de crevette / fricassée de pigeon, cœur et moelle, petits pois à peine cuisinés / asperge blanche – gigot d’agneau poché & consommé de jambon ibérique / morille blonde au vin jaune / tarte tatin / gâteau de semoule aux raisins & caramel d’épices / financier ‘François Audouze’ à l’eau de rose.

Juste après le Pommery 1947, nous buvons le Champagne Dom Pérignon 1934 et je suis extrêmement ému parce que c’est un champagne qui est quasiment introuvable aujourd’hui et qui est d’une telle délicatesse sentimentale que moi aussi je suis touché par son côté sentimental. L’accord avec les entrées est émouvant tant les goûts complexes sont d’une richesse infinie.

Le Y du Château d’Yquem 1985 est d’une rare puissance. C’est un vin fort, qui a un botrytis marqué, mais qui ne nuit pas au caractère sec du vin. C’est un beau et grand Y, d’un beau millésime comme le 1988.

Nous avons ensuite le Château Longueville Pauillac-Médoc Baron de Pichon-Longueville 1929, qui est d’une totale élégance et qui est servi avec le Château Léoville Las Cazes 1929. Le fait d’avoir deux vins de 1929 est particulièrement impressionnant parce que c’est sans doute avec 1928, les 2 années les plus grandes du siècle.

Les deux vins rouges sont très voisins en termes de goût, mais le Pichon Longueville, plus élégant, plus gracieux, aura beaucoup plus de faveurs de la part de mes convives. L’accord avec le homard cuit à la seconde près est merveilleux.

Ensuite, nous allons boire la Romanée Conti Domaine de la Romanée-Conti 1967. Au moment de l’ouverture, j’avais pu tirer le bouchon, un bouchon d’une qualité absolument exceptionnelle et le parfum était tellement délicat que j’étais ravi. Et ce parfum s’est conservé au moment où le vin est servi. C’est une Romanée Conti que je dirais exemplaire, car tout en elle est grâce, subtilité et délicatesse.

On n’a pas, on ne cherche pas la puissance avec les Romanée-Conti, on cherche les complexités et l’émotion. Et le pigeon à la chair délicate est le compagnon idéal pour une Romanée Conti si subtile.

Le Nuits Saint-Georges Les Cailles Morin P&F 1915 est un de mes vins chouchous parce que j’en ai bu quatorze de ce millésime et chaque fois que je l’ai mis dans des dîners, il a été classé dans les premiers. Il sera classé aujourd’hui deuxième des votes.

Ce vin, c’est la puissance tranquille, qu’est-ce à dire ? C’est un vin solide, extrêmement charpenté et d’un calme absolu, qui est compatible avec tous les mets qui lui sont proposés. Comme cela fait presque trente ans que je bois ce vin, on peut imaginer qu’il aura encore cette prestance dans un siècle.

Ensuite, nous avons un Hermitage La Chapelle Jaboulet présumé 1939 dont je pense, d’après mes dossiers, que c’est un 1939.

Les Hermitage la Chapelle sont toujours solides et structurés. Celui-ci est très agréable, mais évidemment, après deux vins de Bourgogne exceptionnels, il est un peu plus discret.

Le Château Chalon Jean Bourdy 1895 est vraiment l’exemple du Château Chalon historique et éternel, joliment structuré. Il est extrêmement plaisant et la composition sur la morille est idéale pour le mettre en valeur.

Le Château d’Yquem 1905 est évidemment une grande rareté. Il est subtil et délicat, il a une belle longueur, il manque un tout petit peu de puissance, mais cela arrive selon les années pour le château d’Yquem. La tarte Tatin est un prolongement parfait de son goût.

Enfin, nous finissons sur un Muscat Mas d’Eu mis en bouteille en 1889 # 1850 dont la date de 1850 est estimée car la mise en bouteille en 1889 pourrait indiquer une date de création beaucoup plus ancienne.

Ce muscat est exceptionnel, brillant. Pour moi, il fait partie de ces alcools qui sont totalement éternels. C’est à dire qu’on se dit que dans quelques siècles, ce vin serait toujours le même, car il est indestructible, d’une richesse invraisemblable, d’une longueur et d’une complexité extrême. C’est un c’est un alcool parfait et brillant.

Le classement des vins du 309ème dîner est assez intéressant. Première constatation, tous les vins ont eu au moins un vote et même au moins deux votes. Il y a eu au total six vins qui ont été nommés premiers. Il y a la Romanée-Conti qui a eu 5 votes de premier, le champagne Pommery et le champagne Dom Pérignon qui ont eu 2 votes de premier, le Pichon Longueville 1929, un vote de premier comme le Nuits Saint-Georges les Cailles 1915 et le Muscat Mas d’Eu 1850 aussi un vote. Cette diversité est toujours extrêmement plaisante, car chaque convive trouve des vins qui le passionnent.

Les votes de l’ensemble de la table sont : 1 – Romanée Conti Domaine de la Romanée Conti 1967, 2 – Nuits Saint-Georges Les Cailles Morin P&F 1915, 3 – Champagne Dom Pérignon 1934, 4 – Muscat Mas d’Eu mis en bouteille en 1889 # 1850, 5 – Château Longueville Pauillac-Médoc Baron de Pichon-Longueville 1929, 6 – Champagne Pommery & Greno for Coronation Elizabeth II 1947 July 2nd 1953.

Mon vote est : 1 – Romanée Conti Domaine de la Romanée Conti 1967, 2 – Muscat Mas d’Eu mis en bouteille en 1889 # 1850, 3 – Château d’Yquem 1905, 4 – Champagne Dom Pérignon 1934, 5 – Nuits Saint-Georges Les Cailles Morin P&F 1915.

L’un des plats les plus exceptionnels a été le celui où on nous a servi un bulot, une huître et une praire avec le fabuleux riz Koshihikari fraîchement poli. Ce plat est extraordinaire. Et comme les champagnes étaient grands, le plat était à son aise avec les complexités des champagnes.

Le homard et le pigeon ont été parfaits mais attendus, alors que l’asperge blanche avec un Hermitage 1939, ça, c’est une jubilation personnelle.

La morille blonde a été divine avec le Château Chalon, la tarte Tatin était absolument ce qu’il fallait pour l’Yquem 1905 et le financier met en valeur tous les alcools d’une façon formidable.

En deux mots, ce fut un dîner exceptionnel.

déjeuner au restaurant Pages avec un wagyu inédit mercredi, 20 mai 2026

Au restaurant Pages, j’invite un ami qui a, parmi toutes ses activités, participé à la création de beaux livres, dont celui sur les grands crus classés de 1855. Il vient accompagné d’une journaliste et écrivain.

J’ai voulu apporter des vins qu’aucun d’eux ne connaîtrait vraiment.

Avant de goûter mes vins, nous commençons par un Champagne Le Météque Guillaume Marteaux sans année, qui est offert par Pierre-Alexandre, le directeur de Pages. Ce champagne très jeune, voire trop jeune, est un bon moyen pour mettre en valeur le Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979. Ce champagne est splendide, il est maintenant à un à un niveau de maturité tout à fait exceptionnel. Et c’est le champagne qu’on aime, c’est à dire qu’il a tout, la douceur, mais la puissance aussi. Il est riche et cohérent.

Le menu du repas que j’ai mis au point avec le chef Ken est : carpaccio de pagre / carpaccio de wagyu / poisson maigre sauce vin rouge / wagyu japonais et wagyu de Normandie / financier.

Les carpaccios, l’un de poisson et l’autre de viande, accompagnent idéalement le grand champagne.

Le Clos Vougeot Faiveley années 20 est très riche et très subtil. Il y a beaucoup de délicatesse dans ce vin et une belle longueur. Il est aussi charmant, offrant la gracieuse finesse des grands vins bourguignons.

Il est suivi par le Vega Sicilia Unico 1941 que j’avais apporté parce qu’il avait un niveau assez bas. Je voulais montrer à mes convives qu’un bas niveau n’est pas forcément un signe de faiblesse. Et en fait, ce vin se montre absolument prodigieux. Il est profond, dense et intense. Un vrai bonheur. Pourquoi avons-nous pris aussi un wagyu de Normandie ? C’est pour une raison très amusante. Un boucher est venu livrer ses produits à la maison Pages. J’ai vu qu’il avait quelque chose qui ressemblait à un wagyu. Je lui ai demandé ce que c’est et il m’a dit qu’il a le droit de faire un wagyu en Normandie car il respecte les règles. J’ai donc dit au chef Ken que nous allions l’essayer. Et en fait, la démonstration n’est pas très brillante car le wagyu japonais est vraiment particulièrement gourmand, alors que le wagyu de Normandie ressemble plus à une pièce de bœuf qu’à un véritable wagyu. Mais il est amusant mais aussi important d’avoir tenté cette expérience.

Ce fut un très agréable et joyeux repas.

Visite de cave et dîner à l’hôtel Meurice jeudi, 14 mai 2026

Julien Launois, qui dirige les champagnes Paul Launois, m’avait contacté pour venir à l’un de mes dîners. Il est venu et j’ai accepté, ce que je ne fais normalement jamais, qu’il apporte une de ses bouteilles d’une série tout à fait particulière qui s’appelle « Single Barrel By Paul Launois ».

Quelque temps plus tard, j’ai rencontré un des dirigeants de la maison Matrone, qui est une société des Pays-Bas qui vend des champagnes, qui sont faits justement avec la maison Paul Launois.

Un ami m’a permis de rencontrer à nouveau les dirigeants de la société Matrone d’abord dans ma cave puis lors d’un dîner à l’hôtel Le Meurice.

La visite de cave a impressionné mes visiteurs. Nous nous sommes rendus ensemble à l’hôtel Le Meurice. Le menu que nous avons choisi avec nos amis est : petit pâté chaud de pintade et foie gras, salade amère / homard bleu croustillant, radis, amarante, poivre rouge / veau « grain de soie » grillé, sucrine, olive cassée, menthe cassées et menthe.

Le choix des vins a été fait à plusieurs, chacun ajoutant ses idées à celles des autres. Nous commençons par le Champagne Pierre Péters Cuvée de réserve grand cru blanc de blanc sans année. Ce champagne est élégant, je dirais presque sentimental, et le boire est le début idéal d’un repas.

Le premier champagne va servir de témoin au Champagne Matrone Signature Séries Cuvée Nocturne onze mois de fût, mis en bouteille en 2021. Ce qui me fascine dans ce champagne, c’est son parfum. Il est envoûtant, il est intriguant et il m’inonde de plaisir. Et le vin lui-même est agréable, pointu, tranchant, de belle composition. Mais c’est ce parfum qui me semble idéal et je pense que c’est lié à la température de service qui était absolument parfaite. Nous en avons parlé plus tard et j’ai suggéré à mes amis de faire des essais sur la température idéale pour que ce parfum prodigieux puisse exploser. Car c’est surtout cela qui en fait un vin hors du commun.

Nous avons bu ensuite un Chassagne Montrachet 1er Cru les Caillerets Domaine Marc Morey 2020. Il est très plaisant, sans singularité particulière. Ensuite, nous avons essayé, juste pour le plaisir, un Champagne Petite Fleur, Fleur de Miraval Brut Rosé sans année qui est une coquetterie intéressante, fruit des idées de Brad Pitt et de ceux qui l’accompagnent. Il aura beaucoup de succès du fait du propriétaire, mais aussi de sa qualité plaisante.

Nous avons ensuite, pour le veau, un Chambolle-Musigny Amiot 2023, solide et sympathique, qui a bien accompagné cette viande.

Ce repas dans un hôtel dont la salle à manger est d’une beauté extrême nous a permis d’évoquer de nombreuses idées, et des recherches qu’il est toujours un plaisir d’explorer.

apéritif dans le sud dimanche, 10 mai 2026

Nous recevons dans notre maison du Sud un voisin et son épouse pour un apéritif. J’ai essayé d’ouvrir depuis ce matin un Champagne Salon 2007 dont je sais que le bouchon est très difficile à extirper. Pendant à peu près une heure, usant de divers ustensiles, j’ai un mal fou à sortir le bouchon. Le champagne fait un pschitt relativement calme et son parfum est très agréable.

Nos amis arrivent, l’apéritif est très traditionnel avec rillettes, un fromage au pesto, des olives, de la poutargue et des tartines de foie gras. Nous apprécions le champagne qui est vraiment excellent, très racé, pointu, très affûté, et d’une énergie incroyable. C’est un champagne frais et noble.

J’ai pris pour la suite un Champagne Dom Pérignon 1983 qui est d’un monde complètement différent. Autant le champagne Salon est tout en énergie, autant le champagne Dom Pérignon est tout en grâce, charme et séduction. Et de plus, il est très agréable et confortable.

Cette expérience avec deux champagnes que tout diffère, fut un moment extrêmement agréable avec des voisins sympathiques.

déjeuner de famille avec un champagne inconnu dimanche, 3 mai 2026

Lors d’un autre déjeuner de famille, ma fille cadette vient avec sa fille, laquelle est accompagnée de sa nounou pour déjeuner à la maison. J’ai envie de découvrir un champagne sur lequel je n’ai aucune indication, le Champagne A. G. Jeanmaire à Epernay Cuvée Elysée 1966.

Il y a une telle connaissance sur Instagram que quelqu’un va certainement expliquer pourquoi le Champagne Jeanmaire a fait une Cuvée Elysée. Je ne connais pas ce champagne et je l’ai acheté par curiosité. N’ayant pas de réponse j’ai demandé à la maison Laurent Perrier de chercher dans les archives de Jeanmaire, maison qu’ils ont acquise il y a quelques années. Aucune référence à la cuvée Elysée n’existe. Ce champagne restera une énigme.

Le champagne Elysée est doux, charmant, très rond. Il n’est pas très complexe mais il est extrêmement agréable. Cela confirme ma vision sur les vieux champagnes. Pour moi, c’est un monde complètement différent de celui des jeunes vins. Les jeunes champagnes ont de la force et de l’énergie, et la bulle est importante. Les vieux champagnes donnent du plaisir, du charme et de la douceur. Ils sont confortables. Pour d’autres vins, on peut voir une évolution avec l’âge. Pour les champagnes, c’est un autre monde.

J’ai beaucoup apprécié ce Champagne Jean maire Cuvée Elysée 1966.

J’ai ajouté à ce repas le Château Ferran Graves Supérieures Martillac Béraud-Sudreau propriétaire 1964. J’avais été séduit par sa couleur très dorée qui laissait présager un vin très agréable. Les Graves Supérieurs sont généralement assez doux, mais j’ai trouvé que ce vin était suffisamment sec pour qu’on puisse le goûter sur un poulet et le la combinaison a été absolument parfaite. C’est un vin très agréable, dont je pense que sa qualité est très supérieure à ce que on pourrait imaginer dans son appellation.

J’avais acheté ce vin il y a longtemps, quand j’étais dans l’industrie sidérurgique, car la société Béraud-Sudreau avait la même activité que mon groupe. Nous étions en compétition et, à un moment donné, par les hasards de la vie, leur entreprise est entrée dans mon groupe.

Le président de cette entreprise était une personne formidable et nous sommes devenus amis. C’est lui qui m’a présenté à Alexandre de Lur Saluces, propriétaire du château d’Yquem, avec qui j’ai eu une relation devenue très amicale.

Article in magazine Paris Match samedi, 2 mai 2026

Paris Match article, 30 April 2026

Page 1 – (photo that covers two pages of François Audouze sitting in the middle of his collection of empty bottles)

He is the greatest collector of ancient wines in the world. At 83 years old, the man has opened the doors of his Ali Baba cave full of exceptional wines

FRANÇOIS AUDOUZE LORD OF THE CASTLES

Page 2

A real liquid gold mine… that makes one’s head spin. As Scrooge has his safe, each piece of which contains a memory, an emotion, an adventure, François Audouze has one of the most fabulous collections of wine gems in France: 40,000 priceless bottles for most of their canonical age, covering more than 5,000 estates. But unlike the extremely wealthy duck, the former steel industrialist has a sense of sharing. No way are we going to accumulate labels for the simple pleasure of hoarding and reselling. The credo of this hedonist steeped in ancient wisdom: « As long as a bottle is not drunk, it has no value. Once drunk, it has none left.”

Photos Baptiste Giroudon

Report by Nicolas Delesalle

(Photo comment): Above his cellar, in a secure warehouse in the suburbs of Paris, his trophy room: 9,000 bottles, emptied from the early 2000s. In his hand a mathusalem of La Tâche du Domaine de la Romanée Conti, vintage 1957.

 

Page 3

Never drink alone, that’s his golden rule. Each month, it’s the same ritual: a star-studded table, ten or so great forgotten nectars and as many privileged people who have spent up to several thousand euros for this unique experience. « Such a beautiful death for these bottles », jokes the one that Bernard Pivot nicknamed « the Bossuet of old bottles ». Even if the orations of François Audouze are not funeral, his own end, this eternal optimist balks at considering it. To the rhythm of his « wine-dinners » it will take him another hundred years to empty his cellar.

(Comment photo): the wine pairing of the day: a champagne from Bollinger la Grande Année 1985 and caviar. Apostle of slow oxygenation, François Audouze opens at least four hours before taking action.

(Photo comment): the collector also keeps the caps and capsules! At his death, he hopes, his empty bottles will go to a museum or be destroyed to prevent them from falling into the hands of counterfeiters.

 

Page 4

(Comment photo): bottles of Constantia, legendary South African brew prized by Napoleon. In his collection, the oldest vintage dates back to 1690!

(Comment photo): more than a ceremonial, the tasting is the delicate art of dialogue with the past. / Since December 2000, the former financier has organized no less than 308 dinners. Here, in his office hangar with some of his closest friends.

Page 5

With Audouze, there is no garden. One wine is a « good guy » and another is « quite strong nonetheless. »

It’s a lost place, somewhere in the Paris region. An anonymous hangar that looks abandoned. François Audouze, the world’s greatest collector of vintage wines, invited us here. Under its cafardeux airs, the place hides in its midst an invaluable treasure: the most fascinating cellar of the planet. Nicknamed « the Bossuet of old bottles » by Bernard Pivot, the host greets us with a light step. He has a clear eye, a mischievous tone, and, like his wines, is well suited for his 83 printemps (vintage 1943). But before showing us the cellar, François Audouze opens a garage door and we slip into stairs to reach a room transformed into a strange art gallery: 9,000 empty bottles look at us, lined up on the floor, as if on parade. Dozens of Château d’Yquem, three rows of Romanée Conti, Pétrus, Haut-Brion, mythical wines, the drops of God. Even empty, these bottles are worth a fortune (between 200 and 1000 euros), « it’s not even 30% of what I drank, » laughs the collector. To give you an idea, since 2000 I have drunk 19,000 wines; and 700 from the Domaine de la Romanée Conti. Full, these bottles are priceless. A Romanée Conti from 1945 was sold for $812,000 recently. I drank the same one, two years ago, for a lot less, it’s an unforgettable memory. François Audouze is undoubtedly the man who has ingested the most Romanée Conti on the surface of the globe. « I have also drunk 107 vintages of Yquem. My favorite is 1861. The important thing is to open the bottle. Wink.

Unlike other collectors who are jealous of their precious liquids, François Audouze wants to keep his cellar alive. Every day he acquires new specimens, and every month he opens exceptional bottles during meals organized in great restaurants. A dozen guests each time are ready to pay several thousand euros to taste the complex flavors of which François Audouze is the specialist, he, the smuggler, who shares his emotions on a blog and now on Instagram. More than a thousand posts already written. No pranks with François Audouze. No crushed strawberries. No smell of undergrowth. No jargon. Technical skills. He doesn’t care about winemaking methods. One wine is a « good lad, » another, « quite strong nonetheless. »

Nothing predestined François Audouze to sit at the very top of such a collection. Polytechnicien (he entered X at 18!), promoted to general manager of a steel company at 27, he made his fortune in the industry thanks to 25 years of hard work. His company has 400 employees when it enters, and 4,000 when he leaves. « Wine was a way to relax. With friends, we opened beautiful bottles. I never remembered which one we had drunk. And it annoyed me. So I started keeping the empty bottles to remember.  » One day in 1975, he took part in a blind tasting. What he drinks almost knocks him off his chair.

It’s a 1923 Château Climens. « There was something incredibly complex, and passion was born there. »

For François Audouze, time makes great wines and nothing replaces the slow work of hundreds of thousands of hours of silence in the cellars. «Take a 2009 Château Latour, it’s a very great wine. In the big restaurants, it’s 4,000 euros a bottle, but he’s a dwarf compared to a 1929 Latour. The 2009 will become as big as the 1929, but we have to wait 80 years. The wine keeps improving and growing. Of course, there are losses if the cellar or cork is not good. But the wine is destined to age forever. I once drank a Château Latour 1794 and it was divine. No one wants to believe it!” Sure of his flair, little by little, the industrialist builds up his collection. He doesn’t read anything. He trusts his palate. « When I love, I go there. By the way, are we going?”

Let’s go for a fabulous slide in a huge toboggan of emotions. Let’s go down the stairs again. An armored door; it’s the smell of humidity that strikes first. A rich, soft humidity. Hundreds of bottles are offered to us, the biggest names, and this time, they are really full! The…

Page 6

(Photo comment): in his cellar filled with masterpieces, where nothing is classified. Here with a Château Margaux 1934 jeroboam (imperial).

… dates give vertigo: 1927, 1945, 1949. On a table, the latest arrival: old Algerian wines, including a Sidi Brahim that catches our eye. « This one is phenomenal. Anyway, every time I come, it’s not me who chooses the bottle. It’s the bottle that chooses me. » There are treasures everywhere, in a mess that only Audouze knows how to unravel: here an entire wall filled with Romanée Conti, one of which is dated 1875. « I have already tasted a 1879 (1899) of absolute rarity! » There are the bottles of Constantia from South Africa, the nectar of the 18th and 19th centuries. Napoleon drank it. Wisely placed on shelves, Pétrus from 1945 alongside Château Margaux from 1934. There, a sweet wine from 1727, here an Yquem from 1848 next to a Haut-Brion from 1969, further away from the Chartreuses from the 1920s, even further away a strange bottle in the shape of a drop. It dates from 1690, bottled under Louis XIV. « I drank it, it’s fabulous. The wine is flat as hell. But what matters is having drunk it. I might soon taste the wine from an amphora from 60 BC. I’ll be entitled to a thimble and even if it’s dead, I don’t care. It’s the symbol. » Has he ever been disappointed? « Never. I respect wine, even if it has a flaw. The important gesture is openness. A bottle calls: « take me. » We don’t judge a wine, we try to understand it. We try. The more humble we are, the more we will understand a wine. The more we think we know, the less we will understand it. »

Audouze is a Polytechnic poet who loves time travel and the intoxication of perfumes from vanished eras. He no longer drinks his wines, their memory is inscribed in his palate and in his brain he sniffs them and spits them out. And never taste without your friends. « I used to come home from dinner and collapse on the bed. But I don’t need to drink anymore. And I am incredibly lucky that my wife does not drink: if she drank, I would already be dead, » he said with a smile. « The whole world envies me for this thing, » he says, contemplating his collection. « Immensely rich people buy crates of Pétrus? As for me, I buy the Petrus one by one. There are cellars of the rich and cellars of enthusiasts; and I probably have the most beautiful cellar of ancient wines. » For Audouze, the two greatest years since 1800 are 1811 and 1865. We will trust him! At his next meal, the lucky ones will be able to drink two 1811 and five 1865. « No one can redo this meal anymore. It’s a unique journey through time. »

Friends come to join the master of wine for a lunch organized for the photo Paris Match. Among them, a Normalien, a high-flying mathematician, and amateurs of bottle diving who answered the call. In front of them, Audouze is saddened by the state of the wine today, when the new bottles are swallowed without waiting, when the cellars disappear. Our society no longer knows how to wait. For the master of ancient bottles, the world of wine must survive this pitfall. «This is the world of green strawberries. Let’s imagine a fruit market that only sells green strawberries. People buy, eat and get used to them. No one knows what red strawberries are. Well, that’s exactly what we’re doing right now. We drink wines that are too young: 80% of bus wines aren’t made. What a waste! » Audouze is also concerned about the disaffection of young people. He makes them convince that wine is something, that it’s important in France, a way to communicate, to be happy together. We are at a turning point. We have to go towards them. If we do nothing, the wine will disappear. » We let François and his guests enjoy their meal and their nectars. On the Internet, we can check Audouze’s dark omen: since 1960, wine consumption in France has indeed dropped by 70%, from 127 to 40 liters per year. And nothing indicates that the curve will not increase in the future. The programmed death of wine, or at least its inevitable decline, transforms François Audouze’s collection into something even rarer: an artifact of a vanishing world. And his fight for the old magical drinks becomes a quixotic gesture.

We hoped for it without believing it. The hosts of François Audouze invite us to their table at fu cheese time. We relish with envy these glasses full of promises; The Normalien guest enjoys in front of us the association of a gorgonzola with a 1979 Mouton Rothschild. Audouze is known for instinctively finding the wine that best suits a dish. By chance, the guest suggests that we move on to practice to check this gift and, in the process, taste an old wine for the first time in our lives. The normalien guides us. You must first chew the cheese, slowly, then swallow it, count five good seconds and, on this ramp of momentum, finally let the ruby liquid run down your throat. Then something miraculous happens: the complex flavors of wine electrify the cheese particles. It’s an aurora borealis that we swallow and strange tears come up in our eyes. « He has a phenomenal ability to find the right associations. I don’t know how he does it,’ comments the Normalien. Audouze smiles: ‘I don’t even know myself.’

Article Paris Match 30 avril 2026 vendredi, 1 mai 2026

Article de Paris Match 30 avril 2026

Page 1 – (photo qui couvre deux pages de François Audouze assis au milieu de sa collection de bouteilles vides)

Il est le plus grand collectionneur de vins anciens au monde. A 83 ans, l’homme nous a ouvert les portes de sa caverne d’Ali Baba qui regorge de crus d’exception

FRANÇOIS AUDOUZE SEIGNEUR DES CHATEAUX

 

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Une véritable mine d’or liquide… qui donne le tournis. Comme Picsou a son coffre-fort, dont chaque pièce renferme un souvenir, une émotion une aventure, François Audouze a l’une des plus fabuleuses collections de pépites vinicoles de France : 40.000 flacons inestimables pour la plupart d’âge canonique, qui couvrent plus de 5.000 domaines. Mais à la différence du richissime canard, l’ancien industriel de l’acier a le sens du partage. Pas question d’accumuler les étiquettes pour le simple plaisir de thésauriser et de revendre. Le credo de cet hédoniste empreint de sagesse antique : « tant qu’une bouteille n’est pas bue, elle n’a aucune valeur. Une fois bue, elle n’en a plus ».

 

Photos Baptiste Giroudon

Reportage Nicolas Delesalle

(Commentaire photo) : au-dessus de sa cave, dans un entrepôt sécurisé de banlieue parisienne, sa salle des trophées : 9000 bouteilles, écoulées à partir du début des années 2000. Dans sa main un mathusalem de La Tâche du Domaine de la Romanée Conti, millésime 1957.

 

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Ne jamais boire seul, c’est sa règle d’or. Chaque mois, c’est le même rituel : une table étoilée, une dizaine de grands nectars oubliés et autant de privilégiés qui ont déboursé jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour cette expérience unique. « Une si belle mort pour ces bouteilles », plaisante celui que Bernard Pivot a surnommé « le Bossuet des vieux flacons ». Même si les oraisons de François Audouze, elles, n’ont rien de funèbre. Sa propre fin, cet éternel optimiste rechigne à l’envisager. Au rythme de ses « wine-dinners » il lui faudra encore cent ans pour vider sa cave.

 

(Commentaire photo) : l’accord mets-vins du jour : un champagne Bollinger la Grande Année 1985 et caviar. Apôtre de l’oxygénation lente, François Audouze débouche au moins quatre heures avant de passer à l’action.

(Commentaire photo) : le collectionneur garde aussi les bouchons et les capsules ! A sa mort, espère-t-il, ses bouteilles vides rejoindront un musée ou seront détruites pour éviter qu’elles ne tombent entre les mains de faussaires.

 

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(Commentaire photo) : des bouteilles de Constantia, breuvage sud-africain légendaire prisé de Napoléon. Dans sa collection, le plus ancien millésime date de 1690 !

(Commentaire photo) : plus qu’un cérémonial, la dégustation est l’art délicat de dialoguer avec le passé. / depuis décembre 2000 l’ex-financier a organisé pas moins de 308 dîners. Ici, dans son hangar-bureau avec quelques-uns de ses plus proches amis.

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Avec Audouze, pas de jardin. Tel vin est un « bon bougre » tel autre « assez balèze quand même ».

C’est un lieu perdu, quelque part en région parisienne. Un hangar anonyme qu’on croirait abandonné. François Audouze, le plus grand collectionneur de vins anciens du monde, nous a donné rendez-vous ici. Sous ses airs cafardeux, le lieu cache en son sein un trésor inestimable : la cave la plus fascinante de la planète. Surnommé « le Bossuet des vieux flacons » par Bernard Pivot, l’impétrant nous accueille d’un pas léger. Il a l’œil clair, le ton espiègle et, comme ses vins, porte bien ses 83 printemps (cru 1943). Mais avant de nous faire découvrir la cave, François Audouze ouvre une porte de garage et on se glisse dans des escaliers pour gagner une salle transformée en une galerie d’art étrange : 9000 bouteilles vides nous regardent, alignées sur le sol, comme à la parade. Des dizaines de Château d’Yquem, trois rangées de Romanée Conti, des Pétrus, des Haut-Brion, des crus mythiques, les gouttes de Dieu. Même vides, ces bouteilles valent une fortune (entre 200 et 1000 euros), « ce n’est même pas 30% de ce que j’ai bu, rigole le collectionneur. Pour vous donner une idée, depuis l’an 2000 j’ai bu 19000 vins ; Et 700 du domaine de la Romanée Conti. Pleines, ces bouteilles sont inestimables. Une Romanée Conti de 1945 a été vendue 812.000 dollars récemment. J’ai bu la même, deux ans avant, pour beaucoup moins cher, c’est un souvenir inoubliable. François Audouze est sans doute l’homme qui a ingurgité le plus de Romanée Conti à la surface du globe. « J’ai aussi bu 107 millésimes d’Yquem. Mon préféré est 1861. L’important, c’est d’ouvrir la bouteille. Clin d’œil.

Contrairement à d’autres collectionneurs jaloux de leurs précieux liquide, François Audouze veut faire vivre sa cave. Chaque jour il acquiert de nouveaux spécimens, et chaque mois, il ouvre des bouteilles exceptionnelles lors de repas organisés dans de grands restaurants. Une dizaine de convives à chaque fois sont prêts à payer plusieurs milliers d’euros pour goûter les saveurs complexes dont François Audouze s’est fait le spécialiste, lui, le passeur, qui confie ses émotions sur un blog et maintenant sur Instagram. Plus de mille billets déjà écrits. Pas de rodomontades avec François Audouze. Pas de fraises écrasées. Pas d’odeur de sous-bois. Pas de jargon. Poas de technique. Il se fiche des méthodes de vinification. Tel vin est un « bon bougre », tel autre, « assez balèze quand même ».

Rien ne prédestinait François Audouze à trôner tout en haut d’une telle collection. Polytechnicien (entré à l’X à 18 ans !), propulsé directeur général d’une entreprise d’aciérie à 27 ans, il fait fortune dans l’industrie grâce à 25 ans de travail acharné. Sa société compte 400 salariés à son entrée, 4000 à sa sortie. « Le vin, c’était une façon de se relaxer. Avec des copains, on ouvrait de belles bouteilles. Je ne me rappelais jamais laquelle on avait bue. Et ça m’énervait. J’ai donc commencé à garder les bouteilles vides pour me souvenir ». Un jour en 1975 il participe à une dégustation à l’aveugle. Ce qu’il boit le fait presque tomber de sa chaise. C’est un Château Climens 1923. « Il y avait quelque chose d’une complexité inouïe. Et la passion est née là ».

Pour François Audouze, le temps fait les grands vins et rien ne remplace le lent travail des centaines de milliers d’heures de silence dans les caves. « Prenez un Château Latour 2009, c’est un très grand vin. Dans les grands restos, c’est 4000 e la bouteille, mais c’est un nain par rapport à un Latour 1929. Le 2009 deviendra aussi grand que le 1929, mais il faut attendre 80 ans. Le vin ne cesse de s’améliorer, de grandir. Bien sûr il y a des pertes si la cave ou le bouchon ne sont pas bons. Mais le vin est appelé à vieillir pour toujours. J’ai bu un jour un Château Latour 1794 et il était divin. Personne ne veut le croire ! ». Sûr de son flair, peu à peu, l’industriel constitue sa collection. Il ne lit rien. Il fait confiance à son palais. « Quand j’aime, j’y vais. D’ailleurs, on y va ? »

C’est parti pour une glissade fabuleuse dans un immense toboggan d’émotions. On redescend les escaliers. Une porte blindée ; C’est l’odeur d’humidité qui frappe d’abord. Une humidité riche, moelleuse. Des centaines de bouteilles s’offrent à nous, les plus grands noms, et cette fois, elles sont bien pleines ! Les…

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(Commentaire photo) : dans sa cave remplie de chefs-d’œuvre, où rien n’est classé. Ici avec un jéroboam (impériale) de Château Margaux 1934.

… dates donnent le vertige : 1927, 1945, 1949. Sur une table, le dernier arrivage : des vieux vins algériens, dont un Sidi Brahim qui nous fait de l’œil. « Il est phénoménal, celui-ci. De toute façon, chaque fois que je viens, ce n’est pas moi qui choisis la bouteille. C’est la bouteille qui me choisit ». Il y a des trésors partout, dans un désordre que seul Audouze sait détricoter : ici un mur entier rempli de Romanée Conti dont une datée de 1875. « J’ai déjà goûté une 1879 (1899) d’une rareté absolue ! ». Là les flacons de Constantia d’Afrique du Sud, le nectar des XVIIIe et XIXe siècles. Napoléon en buvait. Sagement posés sur des étagères, des Pétrus de 1945 côtoient des Château Margaux de 1934. Là, un liquoreux de 1727, ici un Yquem de 1848 à côté d’un Haut-Brion de 1969, plus loin des Chartreuses des années 1920, encore plus loin une bouteille étrange en forme de goutte. Elle date de 1690, embouteillée sous Louis XIV. « Je l’ai bue, c’est fabuleux. Le vin est plat comme tout. Mais ce qui compte, c’est de l’avoir bue. Je vais peut-être bientôt goûter le vin d’une amphore de 60 av J.-C. J’aurai droit à un dé à coudre et même si c’est mort, je m’en fous. C‘est le symbole ». A-t-il déjà été déçu ? « Jamais. Le vin, je le respecte, même s’il a un défaut. Le geste important, c’est l’ouverture. Une bouteille appelle : « prends-moi ». On ne juge pas un vin, on essaie de le comprendre. On essaie. Plus on est humble, plus on comprendra un vin. Plus on croit savoir, moins on le comprendra ».

Audouze est un poète polytechnicien qui aime les voyages dans le temps et l’ivresse des parfums venus des époques évanouies. Il ne boit plus ses vins, leur mémoire s’est inscrite dans son palais et dans son cerveau il les hume et les recrache. Et ne goute jamais sans ses amis. « Avant, je rentrais d’un dîner et je m’écroulais sur le lit. Mais je n’ai plus besoin de boire. Et j’ai une chance inouïe c’est que ma femme ne boit pas : si elle buvait, je serais déjà mort » dit-il en souriant. « La terre entière m’envie ce truc, déclare-t-il en contemplant sa collection. Des gens immensément riches achètent des caisses de Pétrus ? Moi j’achète les Pétrus un par un. Il y a des caves de riches et des caves de passionnés ; et j’ai sans doute la plus belle cave de vins anciens ». Pour Audouze, les deux plus grandes années depuis 1800 sont 1811 et 1865. On lui fera confiance ! Lors de son prochain repas, les heureux élus pourront boire deux 1811 et cinq 1865. « Plus personne ne pourra refaire ce repas. C’est un voyage dans le temps unique ».

Des amis viennent rejoindre le maître du vin le temps d’un déjeuner organisé pour la photo Paris Match. Parmi eux, un normalien, un mathématicien de haut vol, des amateurs de la dive bouteille qui ont répondu à l’appel. Devant eux, Audouze se désole de l’état du vin aujourd’hui, quand les primeurs sont avalés sans attendre, quand les caves disparaissent. Notre société ne sait plus patienter. Pour le maître des flacons anciens, l’univers du vin doit survivre à cet écueil. « C’est le monde des fraises vertes. Imaginons un marché aux fruits qui ne vendrait que des fraises vertes. Les gens les achètent, les mangent et s’y habituent. Personne ne sait ce que sont les fraises rouges. Et bien, c’est exactement ce qu’on fait en ce moment. On fait boire des vins trop jeunes : 80% des vins bus ne sont pas formés. Quel gâchis ! ». Audouze s’inquiète aussi de la désaffection des jeunes. Il fait les convaincre que le vin représente quelque chose, que c’est important en France, un moyen de communiquer, d’être heureux ensemble. On est à un moment charnière. Il faut aller vers eux. Si on ne fait rien, le vin va disparaître ». On laisse François et ses hôtes profiter de leur repas et de leur nectars. Sur Internet, on vérifie les sombres augures d’Audouze : depuis 1960, la consommation de vin en France a en effet chuté de 70%, passant de 127 à 40 litres par an. Et rien n’indique que la courbe ne va pas s’accentuer dans le futur. La mort programmée du vin, en tout cas son déclin inéluctable, transforme la collection de François Audouze en quelque chose d’encore plus rare : l’artefact d’un monde en voie de disparition. Et son combat pour les vieux breuvages magiques devient geste donquichottesque.

On l’espérait sans y croire. Les hôtes de François Audouze nous convient à leur table à l’heure fu fromage. On reluque avec envie ces verres pleins de promesses ; L’invité normalien savoure devant nous l’association d’un gorgonzola avec un Mouton Rothschild 1979. Audouze est réputé pour trouver à l’instinct quel vin siéra le mieux à un mets. Par chance l’invité nous propose de passer à la pratique pour vérifier ce don et au passage goûter pour la première fois de notre vie à un vin vieux. Le normalien nous guide. Il faut d’abord mâcher le fromage, lentement, puis l’avaler, compter cinq bonnes secondes et, sur cette rampe d’élan, enfin laisser couler le liquide rubis dans la gorge. Il se produit alors quelque chose de miraculeux : les saveurs complexes du vin viennent électriser les particules de fromage. C’est une aurore boréale qu’on avale et des larmes étranges nous montent aux yeux. « Il a une capacité phénoménale à trouver les bonnes associations. Je ne sais pas comment il fait », commente le normalien. Audouze sourit : « je ne le sais pas moi-même ».

dimanche ensoleillé dimanche, 26 avril 2026

En un dimanche ensoleillé nous recevons une de mes filles, une de mes petites-filles et l’ami de celle-ci pour le déjeuner. J’ai su plus tard que c’est aussi pour fêter mon anniversaire puisque j’ai dû souffler des bougies.

J’ai ouvert un Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979. Je ne sais pas pourquoi je suis tombé amoureux de ce 1979 que j’ai dégusté 23 fois. C’est sans doute parce qu’il est grand mais aussi parce que la bouteille est belle et parce que 1979 n’est pas un millésime recherché.

Avec l’âge, ce Mumm devient rond et agréable. C’est un pur plaisir. Ce qui m’a surpris, c’est son puissant pétillement à l’ouverture.

Sur un excellent poulet, Le Corton Grand Cru Bouchard P&F 1983 est élégant et soyeux. Il est si délicat. Très agréable, il n’a pas une grande puissance mais il est très plaisant. Un excellent Brillat-Savarin, très crémeux, démontre une fois de plus que c’est le fromage absolument idéal pour les vins de Bourgogne.

Le Vin de Paille Côtes du Jura Hubert Clavelin 1994 en demi-bouteille titre 16°. Il est doux et agréable, mais moins puissant que ce que j’attendais. Il est parfait avec un dessert au chocolat Reine de Saba, le dessert des anniversaires.

déjeuner impromptu dans ma cave lundi, 20 avril 2026

J’ai été contacté par un photographe du magazine Paris-Match pour faire un article sur mon amour des vins anciens, ma cave et mes dîners. Il aurait aimé photographier un de mes dîners mais les prochains dîners sont trop lointains pour lui. Il me demande si je pourrais organiser dans ma cave un déjeuner impromptu avec des amis. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour trouver cinq convives pour un repas.

Je demande à chacun d’apporter des victuailles et comme cela se passe souvent dans ce type de cas, c’est la débauche de générosité.

Vers 10h du matin je vais chercher à la gare du RER le photographe et le journaliste qui va m’interviewer dans ma cave. Je réponds aux questions du journaliste et le photographe fait des photos de bouteilles rares de ma cave.

Les amis arrivent en ordre dispersé et commencent à déballer leurs victuailles avec Victoire, une cuisinière amie.

Il se trouve que ce déjeuner a lieu deux jours seulement après le grand déjeuner à l’Ecu de France. Nous aurons donc la chance finir plusieurs bouteilles de grand format de ce repas.

Un ami a apporté deux caviars très intéressants, un caviar malossol Rova Royal et un caviar malossol Rova Impérial qui côtoient avec bonheur le Jéroboam de Champagne Bollinger Grande année 1985 qui a gardé une bulle très active et un charme plaisant.

Un plat présente des multitudes de cochonnailles qui siéent au champagne mais aussi au Jéroboam Château Meyney Saint-Estèphe 1967 encore fort gaillard.

L’Impériale de Château Mouton Rothschild 1979 va accompagner les charcuteries mais aussi un plateau de fromage, lui aussi gargantuesque. Ce Mouton est encore plus raffiné qu’il y a deux jours.

Étonnamment, le Jéroboam Champagne Veuve Clicquot La Grande Dame 2008 qui était resté au frais fait un puissant pschitt au moment où j’enlève le bouchon remis il y a deux jours. Ce champagne est beaucoup plus large aujourd’hui.

Un des amis nous a apporté un Marsala Superiore Florio & Cie 1840 qui a dû être mis en bouteille vers les années 20 ou 30. Ce vin est délicieux riche et sans âge, fait, comme pour beaucoup de liquoreux de cette époque, pour affronter l’éternité.

L’ambiance étant à la convivialité le photographe et le journaliste ont pu goûter à quelques vins et à quelques victuailles. L’ambiance de ce déjeuner impromptu a été particulièrement joyeuse et décontractée.

Peu de temps après j’ai rendez-vous au restaurant Plénitude pour mettre au point le menu du repas qui se tiendra en ce lieu dans un peu plus d’un mois. Selon une tradition que j’ai instituée, je suis venu avec la bouteille du Marsala Superiore Florio & Cie 1840 pour le faire goûter à Arnaud Donckele, Clément, Alexandre Emmanuel et un pâtissier que je ne connaissais pas afin qu’ils s’en souviennent lorsqu’ils créeront le dessert et l’après-dessert.