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Ce blog n’est pas un guide au sens classique. C’est plus le roman d’aventures d’un passionné de vins anciens et de gastronomie.
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Le détail des prochains dîners se lit ici : https://www.academiedesvinsanciens.org/programme-des-diners/

 

 

 

 

(ouverture de Mouton 1918 dont l’étiquette Carlu est en tête de ce blog. A gauche, on reconnait Mouton 1945)

 

 

 

 

 

 

Il n’est pas prévu – pour l’instant – de dialogue directement sur le blog, car je ne pourrais pas le gérer. Mais on peut m’adresser des questions, des commentaires, des suggestions par mail en se servant du formulaire que l’on trouve en cliquant sur ce lien : me contacter .

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Le 313ème dîner de wine-dinners à la Maison Rostang jeudi, 1 octobre 2026

Le 313ème dîner de wine-dinners se tient à la Maison Rostang, dont le chef est Nicolas Beaumann. Nous sommes onze, dont cinq très fidèles de mes dîners, certains ayant dépassé les vingt-cinq participations, et cinq personnes qui viennent pour la première fois.

Parmi celles-ci, il y a un Anglais qui écrit sur le vin, un amateur curieux qui a voulu découvrir mes dîners, un autre Anglais, commissaire-priseur, qui avait mis en vente un vin que j’ai pu acquérir, un riesling allemand de 1811, le petit-fils d’une de mes cousines qui s’intéresse au vin, et le chef Ken, avec qui j’ai fait des dizaines et des dizaines de repas au restaurant Pages qui vient de fermer pour deux ans. Je l’ai invité pour qu’il voie l’atmosphère de mes dîners, qu’il ne pouvait pas sentir puisqu’il restait en cuisine, même si assez souvent je lui offrais de goûter mes vins.

J’arrive un peu avant 16 heures pour ouvrir les vins du dîner. Je suis reçu par le nouveau directeur, Luca, et je constate que le sommelier que j’aimais beaucoup n’est plus là. C’est donc un jeune et dynamique serveur d’origine japonaise, Imo, qui va m’aider tout au long de l’ouverture des vins puis pour leur service à table.

Lors de l’ouverture, je constate que beaucoup de bouchons se fissurent quand je les tire, mais pratiquement aucune particule de bouchon n’est tombée dans le vin. Les odeurs sont extrêmement intéressantes. Pour le Carbonnieux blanc 1966, je ressens toutefois une odeur de bouchon, pas très affirmée mais présente. Je demande en cuisine de la cellophane, j’en fais une longue mèche que je trempe dans la bouteille, selon un conseil qu’on m’avait donné il y a bien longtemps, et je constaterai plus tard que l’effet est parfait puisque le Carbonnieux blanc aura finalement été classé second des onze vins du dîner.

Le Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 a fait presque le même pschitt que celui que j’avais ouvert il y a deux jours pour ma fille. Le Champagne Charles Heidsieck 1947 a un parfum d’une rare élégance. Le Haut-Brion 1981 en magnum a un parfum d’une intensité extrême. Les vins de Bourgogne sont tous raffinés. Le Château de l’Espinglet, Rions, Bordeaux liquoreux de 1921, dans une bouteille d’une grande beauté, se montre passionnant, avec un parfum délicat, bien sûr moins riche que celui de l’Yquem 1961.

Deux participants m’avaient annoncé qu’ils viendraient plus tôt pour assister à ma séance d’ouverture des vins. Il y a l’un de mes plus fidèles convives et le commissaire-priseur grâce à qui j’ai pu obtenir le riesling 1811, bouteille que je recevrai demain dans ma cave, apportée par la gestionnaire du domaine qui a conservé ce vin pendant 215 ans en cave. Ce sera une rencontre passionnante.

Pour partager avec ces convives en avance, j’ai apporté un Champagne Dom Pérignon 1990, au parfum d’une grande fraîcheur, très subtil, et qui en bouche surprend par son côté floral. Je l’imaginais plus puissant, mais il se montre d’une finesse et d’une présence romantique que j’apprécie, comme mes convives en avance.

Le menu conçu par Nicolas Beaumann est : amuse-bouche / la royale d’un bouillon dashi, Saint-Pierre à cru à l’huile de romarin / homard bleu fumé dans un consommé corsé infusé aux épices douces, feuille de romaine et émulsion iodée / filet de rouget et palets de céleri confit, jus au vin rouge / noix de ris de veau rôtie, pommes de terre fondantes et oignons, jus de veau réduit / suprême de volaille de Bresse laquée, cèpes au thym et figues fraîches / vieux comté 30 mois / coing délicatement parfumé à la reine-des-prés, réduction de vin jaune et glace de riz au lait / financiers.

Le Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 est riche, bien intégré, puissant et d’une grande sérénité. Il est très agréable à boire, comme celui que j’avais bu il y a quelques jours. Le Champagne Charles Heidsieck 1947 est très différent. Il donne une impression d’âge, mais sa complexité est telle que, pour moi, il dépasse nettement le Mumm en termes d’émotion. Les accords avec le bouillon se font surtout sur le Charles Heidsieck 1947.

Le Château Carbonnieux blanc 1966 est apparu totalement intact, alors que l’on pouvait craindre son nez de bouchon initial. Il est brillantissime, large et serein, en pleine possession de sa puissance. Le Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard 1959 fait beaucoup plus vieux, mais je lui ai trouvé des subtilités si intéressantes que je l’ai classé troisième dans mon vote, pour son originalité mais aussi pour la façon étonnante dont il a accompagné le homard bleu.

Le Château Haut-Brion 1981 en magnum surprend tout le monde par sa puissance, sa présence et sa richesse, alors que 1981 n’est pas un millésime particulièrement célébré. Je savais déjà que ce 1981 est une réussite singulière pour ce grand vin. L’accord avec le filet de rouget a surpris beaucoup de convives par son originalité, mais le mariage de l’un et de l’autre est absolument superbe.

Pour la noix de ris de veau, j’avais choisi le Côte de Beaune Villages Damoy 1947 pour une raison anecdotique : la presse a longuement parlé du changement de propriétaire de ce domaine que j’aime beaucoup, passé de la famille Damoy au groupe du Champagne Roederer. J’ai un amour particulier pour les vins de Damoy et je l’ai mis premier et je suis le seul d’ailleurs à l’avoir fait. J’aime sa richesse calme et présente, et sa finesse d’une longueur infinie.

Le Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983 est d’une grande élégance. Il sera d’ailleurs couronné par beaucoup de votes et sera même premier pour l’ensemble de la table. C’est un vin ample, complexe, subtil, totalement adapté à la richesse du suprême de volaille, avec un accord éblouissant.

Le Vin de L’Étoile des années 80 de la coopérative de L’Étoile est riche et équilibré. Il n’est pas d’une complexité extrême, mais il est direct, franc, et se boit avec beaucoup de plaisir.

Le Château de l’Espinglet, Rions, Bordeaux 1921, est très intéressant. C’est un de ces liquoreux de Bordeaux sans aucune prétention, mais d’une telle grâce. Voir un vin de 105 ans aussi lumineux a ému beaucoup de mes convives. Bien sûr, le Château d’Yquem 1961, d’une très belle présence et d’une générosité certaine, avec une longueur évidemment infinie, a séduit beaucoup d’entre eux. Il ne fait pas partie de mes votes car j’ai bu tant d’Yquem que celui-ci n’allait pas créer de surprise, même s’il est grand, et j’ai voulu réserver mes votes aux vins qui me surprennent.

Tous les convives ont été très surpris par la pertinence des accords, mais aussi par le fait que, lorsqu’il y avait deux vins, l’un répondait à une partie du plat et l’autre à une autre, ce qui était assez étonnant. Les accords ont été superbes.

C’est donc avec un regard joyeux sur ce que nous avons vécu que chacun a fait son vote des cinq meilleurs vins de la soirée. Fait remarquable, tous les vins ont eu au moins un vote. Au total, six vins ont été nommés premiers. Le Château Carbonnieux blanc 1966 a eu trois votes de premier, comme le Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983. L’Yquem 1961 a eu deux votes de premier. Le Bourgogne Aligoté Bouchard 1959, le Château Haut-Brion 1981 et le Côte de Beaune Villages Damoy 1947 ont eu chacun un vote de premier.

Le classement de l’ensemble de la table est : 1 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 2 – Château Carbonnieux Blanc Léognan 1966, 3 – Château d’Yquem 1961, 4 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947, 6 – Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979.

Mon classement est : 1 – Côte de Beaune Villages Damoy 1947, 2 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 3 – Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard et Cie 1959, 4 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947.

Nicolas Beaumann a conçu un menu remarquable, où chaque plat répondait avec une totale pertinence au vin. L’ambiance entre les convives a été vivante et chaleureuse, et nous avons passé un repas particulièrement réussi.

L’histoire ne s’arrête pas là. J’avais invité le commissaire-priseur parce que c’est par lui que j’avais acheté le riesling 1811. Et, chose étonnante, c’est la gérante du domaine Bassermann-Jordan qui est venue le lendemain m’apporter ce vin dans ma cave. Un achat apparemment usuel sur un site de vente aux enchères s’est ainsi transformé en une aventure profondément humaine, où le commissaire-priseur comme la gérante du domaine ont tenu à venir me remettre la bouteille que j’avais achetée. C’est assez touchant.

J’ai donc reçu Madame Nazmiye Yuzun dans ma cave. Elle l’a visitée et a constaté sa richesse en vins anciens, mais la sienne recèle aussi des bouteilles d’une grande rareté et d’un âge vénérable. Elle m’a fait un cadeau immense en m’offrant une de ses bouteilles du 19ème siècle, en plus de la 1811. Nous avons ensuite partagé un repas modeste.

En voyant mes bouteilles vides, cette dame m’a dit : « Je resterais des heures et des heures à seulement regarder ces bouteilles qui sont de tels témoignages du monde du vin. » Le repas simple s’est déroulé dans une ambiance très amicale, tout comme cette remise de ce vin destiné à l’un de mes prochains repas, qui sera, je l’espère, l’un des plus étonnants que j’aie organisés.

313th wine-dinners dinner at Maison Rostang mercredi, 30 septembre 2026

The 313th wine-dinners dinner is held at Maison Rostang, whose chef is Nicolas Beaumann. There are eleven of us, including five very loyal regulars of my dinners, some of whom have attended more than twenty-five times, and five people who are coming for the first time.
Among them are an Englishman who writes about wine, a curious wine lover who wanted to discover my dinners, another Englishman, an auctioneer, who had put up for sale a wine I was able to acquire, a German Riesling from 1811, the grandson of one of my cousins, who is interested in wine, and chef Ken, with whom I have done dozens and dozens of meals at the restaurant Pages, which has just closed for two years. I invited him so that he could experience the atmosphere of my dinners, which he could never feel since he stayed in the kitchen, even though I quite often offered him a taste of my wines.

I arrive a little before 4 pm to open the wines for the dinner. I am welcomed by the new manager, Luca, and I notice that the sommelier I was very fond of is no longer there. So it is a young and dynamic waiter of Japanese origin, Imo, who will help me throughout the opening of the wines and then with serving them at the table.

During the opening, I notice that many corks crack as I pull them, but practically no fragments of cork fall into the wine. The aromas are extremely interesting. For the Carbonnieux blanc 1966, however, I detect a corked smell, not very pronounced but present. I ask the kitchen for some cling film, make a long wick out of it and dip it into the bottle, following a piece of advice I was given long ago, and I will later find that the effect is perfect, since the Carbonnieux blanc will in the end be ranked second of the eleven wines of the dinner.

The Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 gave almost the same pop as the one I opened two days ago for my daughter. The Champagne Charles Heidsieck 1947 has a scent of rare elegance. The Haut-Brion 1981 in magnum has an aroma of extreme intensity. The Burgundy wines are all refined. The Château de l’Espinglet, Rions, a sweet Bordeaux from 1921, in a bottle of great beauty, proves fascinating, with a delicate scent, of course less rich than that of the Yquem 1961.
Two participants had told me they would come early to attend my wine-opening session: one of my most loyal guests and the auctioneer thanks to whom I was able to obtain the 1811 Riesling, which I will receive tomorrow in my cellar, brought by the manager of the estate, which has kept this wine in its cellar for 215 years. Tomorrow will be a fascinating encounter.
For these early guests, I brought a Champagne Dom Pérignon 1990, with a very fresh and subtle nose, and a surprisingly floral character on the palate. I had imagined it more powerful, but it shows a finesse and a romantic presence that I appreciate, as do my guests.

The menu designed by Nicolas Beaumann is: amuse-bouche / royale of dashi broth, raw John Dory with rosemary oil / smoked blue lobster in a robust consommé infused with gentle spices, romaine leaf and iodine emulsion / red mullet fillet and confit celeriac rounds, red wine jus / roasted sweetbread, melting potatoes and onions, reduced veal jus / lacquered Bresse chicken supreme, ceps with thyme and fresh figs / 30-month aged Comté / quince delicately scented with meadowsweet, vin jaune reduction and rice pudding ice cream / financiers.

The Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979 is rich, well integrated, powerful and of great serenity. It is very pleasant to drink, like the one I had a few days ago. The Champagne Charles Heidsieck 1947 is very different. It gives an impression of age, but its complexity is such that, for me, it clearly surpasses the Mumm in terms of emotion. The pairings with the broth work above all with the Charles Heidsieck 1947.

The Château Carbonnieux blanc 1966 appeared completely intact, whereas one might have feared its initial corked nose. It is dazzling, broad and serene, in full command of its power. The Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard 1959 seems much older, but I found such interesting subtleties in it that I ranked it third in my vote, for its originality but also for the astonishing way it accompanied the blue lobster.

The Château Haut-Brion 1981 in magnum surprises everyone with its power, its presence and its richness, even though 1981 is not a particularly celebrated vintage. I already knew that this 1981 is a remarkable success for this great wine. The pairing with the red mullet surprised many guests with its originality, but the marriage of the two is absolutely superb.

For the sweetbread, I had chosen the Côte de Beaune-Villages Damoy 1947 for an anecdotal reason: the press has written at length about the change of ownership of this estate, which I love, passing from the Damoy family to the Champagne Roederer group. I have a special fondness for the Damoy wines, and I ranked it first, the only one to do so. I love its calm and present richness, and its finesse with an endless length.

The Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983 is of great elegance. It will in fact be crowned by many votes and will even be first for the whole table. It is an ample, complex, subtle wine, perfectly suited to the richness of the chicken supreme, with a dazzling pairing.

The Vin de L’Étoile from the 1980s, made by the L’Étoile cooperative, is rich and balanced. It is not of extreme complexity, but it is direct and frank, and it is drunk with great pleasure.

The Château de l’Espinglet, Rions, Bordeaux 1921, is very interesting. It is one of those sweet Bordeaux wines without any pretension, yet with such grace. Seeing a 105-year-old wine so luminous moved many of my guests. Of course, the Château d’Yquem 1961, with a very beautiful presence and a definite generosity, and an obviously infinite length, won over many of them. It is not among my votes because I have drunk so much Yquem that this one was not going to surprise me, even though it is great, and I wanted to save my votes for the wines that surprise me.

All the guests were very surprised by the relevance of the pairings, and also by the fact that, when there were two wines, one answered one part of the dish and the other another part, which was quite astonishing. The pairings were superb.

So it was with a joyful view of what we had experienced that everyone cast their vote for the five best wines of the evening. Remarkably, every wine received at least one vote. In total, six wines were voted first. The Château Carbonnieux blanc 1966 received three first-place votes, as did the Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983. The Yquem 1961 received two first-place votes. The Bourgogne Aligoté Bouchard 1959, the Château Haut-Brion 1981 and the Côte de Beaune-Villages Damoy 1947 each received one first-place vote.

The ranking of the whole table is: 1 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 2 – Château Carbonnieux Blanc Léognan 1966, 3 – Château d’Yquem 1961, 4 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947, 6 – Champagne Mumm Cuvée René Lalou 1979.

My ranking is: 1 – Côte de Beaune-Villages Damoy 1947, 2 – Château Haut-Brion Magnum 1981, 3 – Bourgogne Aligoté Jacques Bouchard et Cie 1959, 4 – Chambolle-Musigny Alain Hudelot-Noëllat 1983, 5 – Champagne Charles Heidsieck 1947.

Nicolas Beaumann created a remarkable menu, in which each dish responded to the wine with complete relevance. The atmosphere among the guests was lively and warm, and we had a particularly successful meal.

The story does not end there. I had invited the auctioneer because it was through him that I had bought the 1811 Riesling. And, surprisingly, it was the manager of the Bassermann-Jordan estate who came the next day to bring this wine to my cellar. A seemingly ordinary purchase on an auction website thus turned into a deeply human adventure, in which both the auctioneer and the estate manager were keen to come and hand over the bottle I had bought. It is quite touching.

So I welcomed Mrs Nazmiye Yuzun to my cellar. She visited it and noted its wealth of old wines, but hers also holds bottles of great rarity and venerable age. She gave me an immense gift by offering me one of her 19th-century bottles, in addition to the 1811. We then shared a simple meal.

Seeing my empty bottles, this lady said to me: « I could stay for hours and hours just looking at these bottles, which are such testimonies to the world of wine. » The meal took place in a very friendly atmosphere, as did the handing over of this wine, intended for one of my upcoming meals, which will, I hope, be one of the greatest I have ever organized.

Bulletins du 1er et du 2ème semestre 2026, du n° 1079 à … mardi, 29 septembre 2026

Bulletins du 1er semestre 2026, du numéro 1079 à …

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(bulletin WD N° 1098 261001) Le bulletin 1098 raconte : déjeuner d’accueil des amis puis déjeuner du 15 août, qui est le 312ᵉ repas de wine-dinners dans ma maison du sud.

(bulletin WD N° 1097 260921)    Le bulletin 1097 raconte : dans le sud de la France, avec famille et amis, les apéritifs et repas se succèdent, autant d’occasions d’ouvrir de belles bouteilles.

(bulletin WD N° 1096 260908)     Le bulletin 1096 raconte : un Dom Pérignon goûté dans un magasin d’art, dîner dans un restaurant à l’Ayguade de Hyères, déjeuner au restaurant Hemingway de la Londe des Maures, déjeuner au restaurant l’Aventure, dégustation au château de Carqueiranne et déjeuner au restaurant Lilou à Hyères.

(bulletin WD N° 1095 260902)    Le bulletin 1095 raconte : la 44ème séance de l’Académie des vins anciens au restaurant Macéo et premier déjeuner de vacances au restaurant L’Aventure.

(bulletin WD N° 1094 260827)    Le bulletin 1094 raconte : le 311ᵉ repas de wine-dinners au restaurant Plénitude.

(bulletin WD N° 1093 2608120)    Le bulletin 1093 raconte : Préparation d’un déjeuner au restaurant Plénitude, fête anniversaire au Bar du restaurant Boubalé, déjeuner au Yacht Club de France et 310ème repas cosmopolite de wine-dinners au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1092 260619)    Le bulletin 1092 raconte : apéritif dans la maison du sud, visite de ma cave et dîner au restaurant Le Meurice, déjeuner au restaurant Pages avec un wagyu de Normandie ! Le 309e dîner de Wine Dinners au restaurant Astrance.

(bulletin WD N° 1091 260602)    Le bulletin 1091 raconte : déjeuner au restaurant l’Ecu de France pour fêter nos noces de diamant, déjeuner dans ma cave pour préparer l’article qui paraîtra sur Paris Match, définition du menu d’un prochain repas au restaurant Plénitude, déjeuner de famille puis autre déjeuner de famille.

(bulletin WD N° 1090 260521)    Le bulletin 1090 raconte : déjeuner au restaurant le Train Bleu, déjeuner à mon domicile, dégustation annuelle des vins de Tempos Vega Sicilia, dégustation des vins de la maison Albert Bichot, déjeuner au restaurant Geoélia et célébration des noces de diamant au restaurant Plénitude Arnaud Donckele.

(bulletin WD N° 1089 260505)    Le bulletin 1089 raconte : déjeuner au restaurant Pages, déjeuner au Yacht Club de France, et dîner au restaurant le Vieux Crapaud.

(bulletin WD N° 1088 260427)    Le bulletin 1088 raconte : déjeuner au restaurant l’Aventure dans le sud, visite à la maison de champagne Paul Launois, déjeuner au restaurant Les Crayères à Reims, déjeuner à la maison, les domaines familiaux de Bourgogne, déjeuner dans ma cave avec un Constantia du 18ème siècle.

(bulletin WD N° 1087 260413)     Le bulletin 1087 raconte : déjeuner à la maison, 308ème déjeuner de wine-dinners au restaurant Pages, déjeuner au restaurant de l’hôtel Meurice, déjeuner au restaurant Astrance et déjeuner au restaurant Geoélia.

(bulletin WD N° 1086 260331)    Le bulletin 1086 raconte : première présentation de l’Yquem 2023 au musée Bourdelle, dégustation des vins de ‘Primum Familiae Vini’ au Grand Palais, déjeuner d’amis dans ma cave, 307ème dîner au restaurant Pages pour un couple et dîner avec des ex-étudiants de grandes écoles au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1085 260323)    Le bulletin 1085 raconte : déjeuner au restaurant Bern’s Steak House à Tampa, dîner avec Peter Gago, le maître de chais de Penfolds, le vignoble le plus célèbre d’Australie, visite de ma cave et déjeuner avec une journaliste spécialisée dans le tourisme de luxe

(bulletin WD N° 1084 WD 260310)    Le bulletin 1084 raconte : déjeuner au restaurant de l’hôtel Bristol, dîner au restaurant italien Portosole à Coral Gables, dîner dans une boutique à vins de Miami avec des amateurs américains, déjeuner chez une amie américaine, la plus fidèle de mes dîners.

(bulletin WD N° 1083 260302)    Le bulletin 1083 raconte : déjeuner au Yacht Club de France, déjeuner au restaurant Pages, repas de Noël et réveillon de la Saint-Sylvestre à notre domicile de la région parisienne.

(bulletin WD N° 1082 260217)    Le bulletin 1082 raconte : dégustation de tous les vins de 2022 du domaine de la Romanée Conti avec Perrine Fenal co-gérante du domaine, dans ma cave déjeuner avec le vigneron Dirk Niepoort et son épouse et déjeuner avec Rino Fontana, grand amateur italien de vins anciens, au restaurant Pages.

(bulletin WD N° 1081 260204)    Le bulletin 1081 raconte : le 305ème dîner très cosmopolite de wine-dinners au restaurant Astrance et dîner avec  mon fils et des bouteilles « à risque ».

(bulletin WD N° 1080 260127)    Le bulletin 1080 raconte : la généreuse 43ème séance de l’Académie des Vins Anciens, un repas de famille et un déjeuner au restaurant le Petit Sommelier avec des amis que je n’avais pas revus depuis plus de soixante ans.

(bulletin WD N° 1079 260110)    Le bulletin 1079 raconte : présentation d’un livre « 1855 Culte et Cultures » au siège parisien de Christie’s, dîner au Grand Véfour pour célébrer la parution de ce livre, déjeuner aux vins impromptus au restaurant Pages et présentation des vins incroyables de la 43ème Académie des vins anciens.

préparation d’un grand repas avec Arnaud Donckele mardi, 15 septembre 2026

Nous allons organiser un repas tout à fait hors norme avec Arnaud Donckele, le chef brillant du restaurant Plénitude de l’hôtel Cheval Blanc Paris. Nous nous réunissons pour préparer le menu avec lui, avec Clément, le chef exécutif, avec le directeur du restaurant et avec plusieurs personnes chargées de l’organisation des événements de ce grand restaurant.

Lorsque nous préparons le menu de ces repas, j’aime apporter des vins ou des alcools aux goûts que l’on rencontre très rarement. J’ai choisi cette fois un Vermouth Cinzano des années 1930. Tout le monde l’a goûté : c’est évidemment un monde à part, d’une complexité extrême. Cela ne nous empêche pas de travailler. C’est Arnaud Donckele qui propose les plats, et j’avais demandé que l’on laisse libre cours à l’inventivité, quitte à casser les codes et les habitudes. Ainsi, nous servirons du poisson après la viande et nous ferons des accords que personne n’imaginerait. C’est ce qui rend passionnant ce grand moment de préparation d’un menu extraordinaire.

Il y aura dans ce repas trois vins de 1811, cinq vins de 1865 et un champagne que l’on peut dater des environs de 1820. Ce sera un repas absolument extraordinaire et totalement hors norme.

dîner au restaurant Lilou et un apéritif vendredi, 28 août 2026

Pendant son séjour, ma femme veut faire des cadeaux à notre petite-fille, et elles vont ensemble faire du shopping dans un magasin qui vend à la fois des vêtements de grande qualité et des objets de décoration tout à fait intéressants. Ce magasin qui s’appelle la Banane d’or se trouve à proximité immédiate du restaurant Lilou à Hyères, et je les attends pendant leurs emplettes en bavardant avec Hélène, la charmante sommelière du restaurant.

Nous déjeunons et j’ai choisi avec elle un Champagne Billecart-Salmon Cuvée Nicolas François je crois de 2010, d’une élégance évidente. J’ai apporté un Hermitage Delas Frères 1969, exemple de rigueur, de construction et de douceur, que sa maturité intelligente rend très agréable. Il y a beaucoup de très bonnes choses dans ce vin du Rhône.

La cuisine du restaurant Lilou est très intéressante, fondée sur des produits de grande qualité, et l’on sent que le chef et son épouse Hélène, la sommelière, ont l’ambition d’offrir une cuisine et des accords qui méritent des encouragements.

Nous recevons l’un de nos voisins pour un apéritif dînatoire, et j’ai prévu d’ouvrir à cette occasion un Champagne Krug Grande Cuvée étiquette crème, qui correspond à une période où les vins entrant dans l’assemblage tournent en moyenne autour de 1985. On sent immédiatement la noblesse absolue de ce très grand champagne, noble et impressionnant.

Il restait quelques boîtes de caviar de notre fête du 15 août, et j’ai pu faire plaisir à notre voisin en accompagnant le champagne d’une poutargue de très grande qualité, puis d’un caviar baeri très expressif. Nous avons passé une excellente soirée à bavarder de politique, le sujet qui occupe en ce moment toutes les conversations en France.

plusieurs repas de vacances jeudi, 20 août 2026

Pour ma fille aînée, j’ouvre un Champagne Salon 2015. J’ai un amour particulier pour le champagne Salon et j’ai été très frappé par la prestance du 2015 lorsque je l’ai bu à sa sortie sur le marché.

Celui-ci fait un pschitt extrêmement puissant. L’attaque du vin est puissante, tout en étant charmeuse, et la longueur est très grande.

Nous essayons ce champagne sur plusieurs éléments. D’abord, un caviar Baeri de Kaviari, avec une baguette et du beurre. L’accord est parfait. Avec des pommes de terre et du caviar, l’accord est aussi très grand, peut-être même meilleur.

Ensuite, nous prenons de la rillette et, là, l’accord n’est pas du tout intéressant, car le gras de la rillette fait paraître le champagne assez timide. En revanche, avec un très beau saucisson, nous trouvons un accord morganatique intéressant.

C’est surtout avec le Red Leicester que le champagne va être exceptionnel et, ce qui m’a surpris, encore meilleur que sur du camembert Jort, que j’adore associer avec les champagnes Salon.

Nous profitons pleinement de ce champagne qui est manifestement grandiose et qui aura un avenir glorieux.

Par le biais d’un ami archéologue, nous invitons des personnes qui sont en charge de la conservation d’objets antiques. L’une est française et l’autre italienne. Pour l’apéritif j’ai ouvert un Champagne Dom Pérignon 1993. J’ai toujours eu un faible pour cette année considérée comme faible, car elle est apparue entre 1990 et 1996 deux années brillantes. Mais Dom Pérignon réussit les années faibles, comme le fait le Domaine de la Romanée Conti.

Le bouchon est de très belle qualité. Il n’y a aucun pschitt à l’ouverture ce qui est étonnant. Le champagne est de belle couleur, n’a pratiquement plus de bulle mais a un joli pétillant.

En bouche, il a l’exquise rondeur des champagnes anciens. Sur la poutargue, ce Dom Pérignon est parfait. Notre invitée italienne tombe amoureuse de cette poutargue au goût si intense et percutant.

Nous avons longuement discuté avec ces personnes passionnantes. Il est envisagé que nous nous revoyions.

Nous recevons deux personnes qui s’occupent, à Marseille, de la gestion des ressources archéologiques sous-marines au DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, basé à Marseille). Autour d’un repas très simple, j’ai prévu de leur faire goûter un Champagne Dom Pérignon 1993.

Il est intéressant de constater que lorsque le 1993 a été mis sur le marché, peu de gens s’y sont intéressés, car il s’inscrivait dans une succession de grandes années pour Dom Pérignon : 1988 et 1990 avant lui, puis 1995 et 1996. Mais avec l’âge, ces années prétendument petites se révèlent extrêmement intéressantes. Ce Dom Pérignon a une grâce, une légèreté et une douceur absolument charmantes, qui en font un champagne de grande qualité.

Pendant nos vacances dans le sud de la France, nous avons reçu presque tous nos enfants et petits-enfants, à de très rares exceptions près. La dernière à nous rejoindre, en fin de séjour, est l’une de nos petites-filles, âgée de 19 ans. Elle s’est peu à peu acclimatée aux vins anciens, sans que je fasse quoi que ce soit pour lui imposer ce genre de dégustation.

Ce soir-là, j’ai envie d’ouvrir un Champagne Moët & Chandon Brut Impérial 1971. Le millésime 1971 est grand dans de nombreuses régions. Ce qui est absolument frappant, c’est que ce champagne est grand, puissant, large, et offre un plaisir de dégustation considérable. Comme quoi les Moët & Chandon Brut Impérial anciens sont des valeurs sûres, ce que l’on ne soupçonnerait pas pour un vin produit en aussi grandes quantités. Ma petite-fille l’a beaucoup apprécié, sur la poutargue, le saucisson des rillettes et mille autres petites choses.

312ème repas de wine-dinners samedi, 15 août 2026

Le 31 décembre et le 15 août sont les deux points culminants des repas que nous faisons avec nos amis proches. Pour le déjeuner du 15 août de cette année, nous avons invité deux amis qui ont participé à tous les 15 août de notre maison du Sud depuis près d’une vingtaine d’années, un ami de Paris venu avec son fils qui est un grand connaisseur de vin, un ami de Lyon, lui aussi très grand connaisseur, comme un ami d’Aix-en-Provence. Avec l’apport des vins des amis et les miens nous avons un si beau programme que ce repas sera considéré comme le 312e repas de wine-dinners. On peut en juger en voyant la liste des années :

1926 – 1926 – 1928 – 1929 – 1953 – 1954 – 1955 – 1976 – 1997 – 2002 – # 2016.

L’ouverture des vins commence à 8h30 et se poursuit jusqu’à 11 heures. Les amis déjà présents viennent assister à cette séance pendant laquelle j’ouvre tous les vins. Il y a de belles surprises olfactives, des bouchons qui résistent et d’autres qui viennent parfaitement. C’est une séance d’ouverture habituelle, mais rendue passionnante par les commentaires et les échanges que nous créons.

Nous avions bu hier le champagne Salon 2002 en magnum et j’ai voulu que l’on en garde pour que l’un des amis, qui n’est arrivé que le 15 au matin, puisse goûter ce champagne.

L’apéritif, commence par le Champagne Salon 2002 en magnum, ouvert la veille. Il n’a pas bougé d’un seul iota et, sur la poutargue, comme hier, il prend une envolée assez impressionnante. Avec un caviar osciètre présenté sur des pommes de terre très douces, l’accord est très intéressant. La rillette très opulente accueille le Champagne Salon 1997. Nous nous rendons compte à quel point les deux champagnes Salon sont différents. Le 1997 est très solide, puissant, avec une assise très forte, alors que le 2002 est beaucoup plus large, plus aérien, plus inspirant. Mais les deux sont évidemment très grands et je suis heureux de constater qu’ils partagent le même ADN, celui d’un champagne de très haute qualité.

Nous servons maintenant le Champagne Substance de Jacques Selosse. Une nouveauté de la maison Selosse est que la date de dégorgement n’est plus indiquée directement sur la bouteille. Il faut désormais se tourner vers un système accessible par internet qui, hélas, ne nous a pas donné l’information recherchée. On peut cependant supposer que ce champagne est assez récent, ce que semble corroborer le pschitt très puissant à l’ouverture. C’est un champagne très jeune, mais très charpenté, très vivant et très efficace. Il montre surtout une grande différence avec les deux champagnes Salon. On pourrait dire que le Selosse est beaucoup plus affûté, beaucoup plus pointu que les deux Salon, qui s’expriment dans un registre différent, d’opulence et de générosité.

Des petits boudins blancs vont merveilleusement bien avec le Champagne Substance. J’ai l’intuition que ce boudin blanc irait parfaitement avec le Meursault Charmes Chanson 1928. Nous gardons donc quelques morceaux de ce boudin pour les goûter lorsque nous passerons à table.

À table, je sers trois vins blancs : le Meursault Charmes Chanson 1928, le Chassagne-Montrachet 1926, de producteur inconnu, et l’Hermitage La Tour Blanche Jaboulet-Verchère 1955. Nous sommes subjugués par la perfection de ces trois vins blancs. Il est assez étonnant qu’ils soient aussi vivants, et la plus belle surprise est le Chassagne-Montrachet 1926, qui a une couleur d’une fraîcheur incroyable et une vivacité qui étonne tout le monde. Comment un vin de cent ans peut-il être aussi frais et aussi fringant ?

L’accord avec les petits morceaux de boudin blanc que nous avons gardés est sublime avec les trois vins. Je pensais qu’il serait surtout remarquable avec le Meursault 1928, mais il fonctionne tout aussi bien avec le Chassagne-Montrachet 1926 et avec l’Hermitage 1955.

Le cœur de saumon fumé, pièce particulièrement moelleuse taillée dans la partie la plus charnue du filet de saumon, crée un accord génial avec les trois vins blancs, et nous avons l’impression de vivre une expérience unique. De nouveau, comment est-il possible que ces vins soient si grands ? Nous sommes tous subjugués. Nous avions eu des champagnes brillants et voici maintenant trois vins qui n’ont pas le moindre défaut. Chacun a son charme. Le plus puissant est l’Hermitage 1955. Le Meursault Charmes 1928 est très bien structuré, et la grâce du Chassagne-Montrachet 1926 est tellement étonnante qu’il constitue la plus grande surprise de ces trois vins.

Les coquilles Saint-Jacques vont donner une autre approche des vins blancs, car leur chair est très gourmande. C’est l’Hermitage 1955 qui en profite le plus, se mariant particulièrement bien avec ce plat.

Nous passons maintenant aux vins rouges et je sers deux vins que tout sépare, mais qui vont parfaitement cohabiter. Il y a d’abord un Clos Fourtet 1926, apporté par un ami qui est très ému de boire avec nous un vin centenaire, et un Échézeaux Domaine de la Romanée-Conti 1954, qui offre le parfum le plus percutant de tous les vins que nous avons sentis jusqu’à présent.

Ma femme a préparé une pièce de veau cuite à basse température. Le Clos Fourtet 1926 est d’une richesse incroyable. On se demande comment il est possible qu’un vin centenaire puisse avoir une telle puissance. C’est assez irréel.

Quant à l’Échézeaux 1954, il a une telle présence et une telle personnalité que l’on pourrait difficilement imaginer qu’il s’agit d’un Échézeaux. On pourrait penser à un vin d’une plus haute qualification dans la hiérarchies des vins du Domaine de la Romanée-Conti. Nous pouvons boire les deux vins sans aucun problème, alors qu’ils viennent de régions différentes et ont des personnalités très distinctes. Le parfum de l’Échézeaux est tout à fait extraordinaire. Ce vin plaira tellement à mes amis qu’il sera classé premier lors du vote à la fin du repas.

La deuxième série de vins rouges comporte un Chambertin Faiveley 1929 et un Sénéclauze, vin d’Oran, Algérie 1953. Sur une assiette cohabitent du bœuf Angus et du Wagyu. Nous pouvons ainsi passer de l’un à l’autre pour voir comment se font les accords.

La bouteille de Chambertin Faiveley 1929 avait un niveau très haut et une étiquette qui pourrait paraître récente. Mais lorsque j’ai retiré le bouchon, il était clair qu’il est d’origine. Ce vin est assez éblouissant, montrant là aussi une jeunesse que personne n’imaginerait possible.

Le Sénéclauze 1953 a une puissance invraisemblable et une richesse extrême. J’en parle avec l’un de mes amis, qui est un amoureux des vins d’Algérie. On peut penser que ce Sénéclauze est supérieur aux vins de Frédéric Lung. J’ai une adoration profonde pour les vins de Frédéric Lung, mais la puissance, la sérénité et l’extrême énergie de ce vin de 1953 me font un effet fou, au point que je le mettrai premier dans mon vote, car j’aime être surpris par la réussite de tels vins.

Les accords sont parfaits. Évidemment, pour le Sénéclauze, c’est le Wagyu qui est le plus pertinent, alors que le Chambertin Faiveley s’accommode très bien du bœuf Angus.

À ce stade du repas, j’aurais volontiers arrêté le programme, car nous avons eu jusqu’à présent des vins absolument parfaits, dont aucun ne présentait le moindre aspect négatif. Mes amis me disent d’ailleurs : « Tu sais, si tu fais un compte rendu de ce dîner et si tu dis qu’ils ont tous été parfaits, personne ne te croira. » Eh bien, il faudra que j’accepte que personne ne me croie, puisque ce que nous venons de vivre est absolument hors du commun.

J’aurais volontiers arrêté là, mais j’avais prévu un Château d’Yquem 1976 et, bien évidemment, tout le monde me demande qu’il soit servi. Ma femme a fait une tarte Tatin qui crée avec cet Yquem un accord fusionnel phénoménal. L’Yquem 1976 a une couleur fortement ambrée, exactement comme les pommes de la tarte, et en bouche, on ne sait plus si l’on ‘boit’ de la tarte Tatin ou si l’on ‘mange’ de l’Yquem, tant les goûts se confondent. C’est vraiment un accord absolument parfait.

Normalement, nous devions continuer avec un Dom Pérignon 1990 et finir le Pommery 1934 de la veille, mais je déclare que c’est la fin du repas, car si abondance de biens ne nuit pas, tout a une limite.

Je fais voter mes amis, et les votes sont très intéressants. Sur 6 places possibles de premier, quatre sont pour les vins bourguignons, avec deux votes de premier pour l’Echézeaux et deux pour le Chambertin. Les deux autres places de premier sont pour le Chassagne Montrachet 1926 et le Sénéclauze Oran Algérie 1953.

Le vote de notre groupe de six votants est : 1 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1954, 2 – Sénéclauze Oran Algérie 1953, 3 – Chassagne Montrachet 1926, 4 – Chambertin Faiveley 1929, 5 – Clos Fourtet 1926, 6 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet Verchère 1955.

Mon vote est : 1 – Sénéclauze Oran Algérie 1953, 2 – Chassagne Montrachet 1926, 3 – Clos Fourtet 1926, 4 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet Verchère 1955, 5 – Echézeaux Domaine de la Romanée Conti 1954, 6 – Chambertin Faiveley 1929.

Chacun des convives m’a dit qu’il n’a jamais vécu de repas aussi incroyable où tous les vins sont absolument parfaits. Ce qui m’a subjugué, c’est la série des trois blancs aux couleurs irréelles et aux saveurs émouvantes. Je peux confirmer que c’est l’un des plus extraordinaires repas que nous avons vécus.

August 15th great lunch samedi, 15 août 2026

December 31 and August 15 are the two highlights of the meals we share with our closest friends. For this year’s August 15 lunch, we invited two friends who have attended every August 15 gathering at our house in the South for nearly twenty years, a friend from Paris who came with his son and is a great wine connoisseur, a friend from Lyon, also a great connoisseur, as is a friend from Aix-en-Provence. With the wines brought by our friends and my own, we have such a beautiful programme that this meal will be considered the 312th wine-dinners meal. One can judge by looking at the list of vintages:
1926 – 1926 – 1928 – 1929 – 1953 – 1954 – 1955 – 1976 – 1997 – 2002 – # 2016.
The opening of the wines begins at 8:30 a.m. and continues until 11. The friends who are already there come to attend this session during which I open all the wines. There are some beautiful surprises on the nose, some corks resist while others come out perfectly. It is a usual opening session, but made fascinating by the comments and exchanges we have together.
Yesterday we had drunk the Salon 2002 Champagne from magnum, and I wanted to keep some so that one of our friends, who only arrived on the morning of the 15th, could taste this champagne.
The aperitif begins with the Champagne Salon 2002 in magnum, opened the day before. It has not changed one iota and, with the bottarga, as yesterday, it takes off quite impressively. With Oscietra caviar served on very soft potatoes, the pairing is very interesting. A very rich rillette welcomes the Champagne Salon 1997. We realise just how different the two Salon Champagnes are. The 1997 is very solid, powerful, with a very strong foundation, whereas the 2002 is much broader, more airy and more inspiring. But both are obviously very great, and I am happy to see that they share the same DNA, that of a Champagne of the highest quality.
We now serve the Champagne Substance by Jacques Selosse. A new feature at Selosse is that the disgorgement date is no longer indicated directly on the bottle. One now has to turn to a system accessible on the internet which, unfortunately, did not give us the information we were looking for. We can nevertheless assume that this Champagne is fairly recent, which seems to be confirmed by the very powerful pop when it was opened. It is a very young Champagne, but very structured, very lively and very effective. Above all, it shows a great difference from the two Salon Champagnes. One could say that the Selosse is much sharper, much more incisive than the two Salons, which express themselves in a different register, one of opulence and generosity.
Small white puddings go wonderfully well with the Substance Champagne. I have the intuition that this white pudding would go perfectly with the Meursault Charmes Chanson 1928. So we keep a few pieces to taste when we sit down at the table.
At the table, I serve three white wines: the Meursault Charmes Chanson 1928, the Chassagne-Montrachet 1926, from an unknown producer, and the Hermitage La Tour Blanche Jaboulet-Verchère 1955. We are overwhelmed by the perfection of these three white wines. It is quite astonishing that they should be so alive, and the greatest surprise is the Chassagne-Montrachet 1926, which has a colour of incredible freshness and a liveliness that astonishes everyone. How can a hundred-year-old wine be so fresh and so vibrant?
The pairing with the small pieces of white pudding that we had kept is sublime with all three wines. I thought it would be particularly remarkable with the Meursault 1928, but it works equally well with the Chassagne-Montrachet 1926 and the Hermitage 1955.
The heart of smoked salmon, a particularly soft and succulent piece cut from the fleshiest part of the salmon fillet, creates a brilliant pairing with the three white wines, and we have the impression that we are living through a unique experience. Once again, how is it possible that these wines should be so great? We are all overwhelmed. We have had brilliant Champagnes, and now here are three wines without the slightest flaw. Each has its own charm. The most powerful is the Hermitage 1955. The Meursault Charmes 1928 is very well structured, while the grace of the Chassagne-Montrachet 1926 is so astonishing that it is the greatest surprise of these three wines.
The scallops offer another approach to the white wines, as their flesh is particularly rich and generous. The Hermitage 1955 benefits the most, pairing particularly well with this dish.
We now move on to the red wines, and I serve two wines which have almost nothing in common, but which coexist perfectly. First there is a Clos Fourtet 1926, brought by a friend who is very moved to drink a hundred-year-old wine with us, and an Échézeaux Domaine de la Romanée-Conti 1954, which offers the most striking fragrance of all the wines we have smelled so far.
My wife has prepared a piece of veal cooked at low temperature. The Clos Fourtet 1926 is incredibly rich. One wonders how it is possible for a hundred-year-old wine to have such power. It is quite unreal.
As for the Échézeaux 1954, it has such presence and such personality that one could hardly imagine that it is an Échézeaux. One might think of a wine with a higher ranking in the hierarchy of the Domaine de la Romanée-Conti. We can drink the two wines together without the slightest problem, even though they come from different regions and have very distinct personalities. The fragrance of the Échézeaux is absolutely extraordinary. My friends will like this wine so much that it will be ranked first in the vote at the end of the meal.
The second series of red wines consists of a Chambertin Faiveley 1929 and a Sénéclauze, wine from Oran, Algeria 1953. On one plate, Angus beef and Wagyu are served side by side. We can therefore move from one to the other and see how the pairings work.
The bottle of Chambertin Faiveley 1929 had a very high level and a label that could appear quite recent. But when I removed the cork, it was clear that it was original. This wine is quite dazzling, once again displaying a youthfulness that no one could imagine possible.
The Sénéclauze 1953 has unbelievable power and extreme richness. I discuss it with one of my friends, who is a lover of Algerian wines. One could even think that this Sénéclauze is superior to the wines of Frédéric Lung. I have a profound adoration for Frédéric Lung’s wines, but the power, serenity and extreme energy of this 1953 wine have an extraordinary effect on me, to the point that I will rank it first in my vote, because I love being surprised by the success of wines such as this.
The pairings are perfect. Obviously, the Wagyu is the most relevant match for the Sénéclauze, while the Chambertin Faiveley goes extremely well with the Angus beef.
At this stage of the meal, I would willingly have stopped the programme, because up to this point we have had absolutely perfect wines, none of which has shown the slightest negative aspect. My friends even say to me: “You know, if you write an account of this dinner and say that every single wine was perfect, nobody will believe you.” Well, I shall have to accept that nobody will believe me, because what we have just experienced is absolutely extraordinary.
I would willingly have stopped there, but I had planned a Château d’Yquem 1976 and, of course, everyone asks for it to be served. My wife has made a tarte Tatin which creates a phenomenal, almost fusion-like pairing with this Yquem. The Yquem 1976 has a strongly amber colour, exactly like the apples in the tart, and on the palate we no longer know whether we are “drinking” the tarte Tatin or “eating” the Yquem, so completely do the flavours merge. It is truly an absolutely perfect pairing.
Normally, we were supposed to continue with a Dom Pérignon 1990 and finish the Pommery 1934 from the day before, but I declare that this is the end of the meal, because while you can never have too much of a good thing, everything has its limits.
I ask my friends to vote, and the results are very interesting. Of the six possible first places, four go to Burgundies, with two first-place votes for the Échézeaux and two for the Chambertin. The other two first-place votes go to the Chassagne-Montrachet 1926 and the Sénéclauze Oran Algeria 1953.
The vote of our group of six voters is: 1 – Échézeaux Domaine de la Romanée-Conti 1954, 2 – Sénéclauze Oran Algeria 1953, 3 – Chassagne-Montrachet 1926, 4 – Chambertin Faiveley 1929, 5 – Clos Fourtet 1926, 6 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet-Verchère 1955.
My vote is: 1 – Sénéclauze Oran Algeria 1953, 2 – Chassagne-Montrachet 1926, 3 – Clos Fourtet 1926, 4 – Hermitage La Tour Blanche Jaboulet-Verchère 1955, 5 – Échézeaux Domaine de la Romanée-Conti 1954, 6 – Chambertin Faiveley 1929.
Every one of my guests tells me that they have never experienced such an incredible meal, in which every wine was absolutely perfect. What overwhelmed me most was the series of three white wines, with their almost unreal colours and deeply moving flavours. I can confirm that this was one of the most extraordinary meals we have ever experienced.

les repas du 14 août samedi, 15 août 2026

Depuis une vingtaine d’années, le 15 août est un événement sacré où nous recevons des amis amoureux du vin et de la gastronomie. Nous sommes le 14 août et nous recevons les premiers amis. Il est de tradition, lorsque les premiers arrivent, que j’ouvre un magnum de champagne Salon. Cette année, ce sera un Champagne Salon magnum 2002.

Je l’ouvre et le pschitt est extrêmement puissant, montrant la vivacité de ce champagne. Des amis ont apporté des vins et nous les ouvrons dans ce que j’appelle la sacristie, c’est-à-dire l’endroit où je stocke les vins prêts à être bus.

L’apéritif commence par de la poutargue qui accompagne le Champagne Salon 2002. L’effet de la poutargue est extrêmement intéressant puisqu’elle propulse le goût du champagne, qui est extrêmement puissant et trouve avec elle un accord parfait. Nous essayons ensuite des anchois posés sur de petits toasts de brioche au goût presque sucré. L’accord est très intéressant et le champagne réagit bien.

Nous avons ensuite des rillettes et leur douceur donne une autre image du champagne. Elles sont suivies par un jambon persillé qui est probablement le plus bel accord avec le Salon. Ce champagne nous étonne car il est d’une telle flexibilité qu’il se marie avec tous les mets que nous lui proposons à l’apéritif.

Arrive ensuite une tarte à l’oignon et je demande à mes amis que l’on arrête de boire le Salon 2002 afin que notre ami qui n’arrivera que demain matin pour le déjeuner du 15 août puisse lui aussi en profiter.

Un ami a apporté un Champagne Pommery 1934 que nous ouvrons. Le haut de la bouteille est très sale, mais c’est tout à fait naturel pour un champagne ancien. Il n’y a aucun pschitt, mais le bouchon est parfait et le goulot est lui aussi en très bon état. Le champagne est divin. C’est autre chose, on change de monde quand on passe des champagnes jeunes aux champagnes anciens. Celui-ci est rond, doux, affirmé, et l’accord avec la tarte à l’oignon est absolument divin.

Nous passons ensuite à table pour déguster de délicieux poulets. Et, comme l’un de nos amis est un amoureux des vins d’Algérie, il a apporté un vin que nous ne connaissons pas, qui s’appelle Chai du Bastion 1952, certainement fait par Frédéric Lung. J’ai pour ma part ouvert de ma cave un F. Lung vin rouge d’Algérie 1942.

Bien évidemment, une compétition s’installe entre les deux vins d’Algérie. Le Chai du Bastion 1952 est très rond, bien construit, d’une structure parfaite. Il est généreux. À l’inverse, le F. Lung 1942 est tout en longueur, tout en largeur et plein de charme. Les deux sont d’une richesse infinie, mais je préfère le F. Lung 1942, non pas parce que c’est mon vin, mais parce qu’il est d’une élégance tout à fait exceptionnelle. La comparaison de ces deux vins est totalement éblouissante.

Pour le Red Leicester, suivi de sucreries offertes par des amis, j’ouvre un Champagne Perrier-Jouët rosé 1969. Ce champagne est lui aussi très élégant, très adapté au dessert et particulièrement brillant.

Ce qui est intéressant dans cette expérience, c’est que tout est coordonné et que tout suit un ordre qui convient parfaitement. La progression des vins et des plats est idéale. Nous avons vécu un excellent repas qui permet de penser que celui du 15 août sera lui aussi très intéressant.

Je donne mon vote. En premier, à cause de son côté totalement étonnant, je mets le F. Lung 1942. En deuxième, le Champagne Salon 2002, qui est éblouissant. En troisième, le Champagne Pommery 1934, qui est légendaire. En quatrième, le Chai du Bastion 1952. Et en cinquième, le Champagne Perrier-Jouët rosé 1969.

Après le repas pantagruélique du déjeuner du 14 août, le repas du soir est programmé pour être beaucoup plus léger. Nous allons finir tous les mets de l’apéritif que nous avons eus, auxquels s’ajoutent quelques petits mets intéressants.

J’ai ouvert un Champagne Initial de Selosse, dégorgé en septembre 2011. Très curieusement, le vin est très court et n’a pas la vibration que l’on pourrait attendre. Je pense que le vin n’a ni l’énergie ni le niveau que l’on aimerait.

Un de mes amis a apporté un vin assez curieux. C’est un Champagne Taittinger Collection Arman brut 1981, dont la bouteille a été dessinée par l’artiste Arman. La bouteille est totalement opaque et fait partie des diverses versions des champagnes Taittinger Collection. Le vin est beaucoup plus intéressant, mais du fait de la fatigue de nos palais, du moins pour moi, il ne fait pas vraiment vibrer ma passion. Ce qui est assez amusant, c’est qu’il retrouve une belle énergie avec du camembert Jort.

J’ai ouvert ce matin Le Montrachet Delagrange-Bachelet Grand Cru 1979, qui avait un bouchon assez noir et qui paraît un peu fatigué. Mais après avoir goûté le camembert Jort, le vin retrouve une énergie assez plaisante.

Nous sommes tous fatigués en fin de repas et nous allons nous reposer car demain, c’est le grand repas du 15 août.

Salon 2015 mercredi, 12 août 2026

Pour ma fille aînée, j’ouvre un Champagne Salon 2015. J’ai un amour particulier pour le champagne Salon et j’ai été très frappé par la prestance du 2015 lorsque je l’ai bu à sa sortie sur le marché.

Celui-ci fait un pschitt extrêmement puissant. L’attaque du vin est puissante, tout en étant charmeuse, et la longueur est très grande.

Nous essayons ce champagne sur plusieurs éléments. D’abord, un caviar Baeri de Kaviari, avec une baguette et du beurre. L’accord est parfait. Avec des pommes de terre et du caviar, l’accord est aussi très grand, peut-être même meilleur.

Ensuite, nous prenons de la rillette et, là, l’accord n’est pas du tout intéressant, car le gras de la rillette fait paraître le champagne assez timide. En revanche, avec un très beau saucisson, nous trouvons un accord morganatique intéressant.

C’est surtout avec le Red Leicester que le champagne va être exceptionnel et, ce qui m’a surpris, encore meilleur que sur du camembert Jort, que j’adore associer avec les champagnes Salon.

Nous profitons pleinement de ce champagne qui est manifestement grandiose et qui aura un avenir glorieux.